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29 février 2024

AGRICULTURE : Hausse de 15% de la filière tubercules à l’horizon 2028

L’agriculture est vectrice de développement. Elle en est pour beaucoup dans la réduction du taux d’inflation au Togo qui est passé à 5,8% à fin mai 2023, contre 8% un an plus tôt. La hausse de la production et les bons résultats de la campagne ont favorisé cette nouvelle avancée vers la croissance.

Le niveau élevé de la production et la qualité des produits engendrent un approvisionnement favorable des marchés. C’est une raison suffisante pour les pouvoirs publics de trouver encore et toujours des moyens pour mieux faire.

 

L’investissement à faire

Pour le Gouvernement, il faut faire transcender la filière tubercules. Pour y parvenir un plan quinquennal d’une valeur de 2,34 milliards de francs CFA est mis en marche. Il inclue le manioc, l’igname, le taro et la patate douce, sur les 05 prochaines années, comme garanti dans le Plan d’action d’investissement de la filière plantes à racines et tubercules (PRT) 2024-2028, développé par le ministère de l’Agriculture.  Ce plan vise à créer une filière, organisée, structurée et compétitive afin de devenir à l’horizon 2028, un des moteurs de la croissance forte et soutenue, réductrice de pauvreté par la création des richesses et d’emplois qui serviront à améliorer les conditions de vie des populations togolaises.

L’idée est de faire augmenter la production nationale des plantes à racines et tubercules de 15% sur la période et aussi d’arriver à un niveau de transformation de 10% d’ici à 2028. Le plan évoqué comporte 03 axes, le premier concerne l’amélioration de la productivité et de la qualité des produits. Il pèse 755 millions de francs CFA. L’axe numéro 2 est destiné à la valorisation ainsi qu’à la commercialisation des produits de la filière et vaudra un investissement de 726 millions de francs. Puis enfin l’axe 3 s’occupe du renforcement de la gouvernance et du mécanisme de financement de la filière avec un financement de 865,2 millions de francs nécessaire.

 

La production

La production de tubercules a progressé de près de 11% au cours des 05 dernières années. Elle a atteint 2,23 millions de tonnes en 2022-2023 et était à 2 193 462 tonnes en 2021. En 2017, ce n’était que 1 950 000 tonnes. Le manioc est la première plante à racines et tubercules cultivée au Togo. Sa production était de 1 027 476 tonnes en 2017. Elle est passée à 1 204 249 tonnes en 2021 et 1,22 million de tonnes en 2022. Celle de l’igname est passée de 832 000 tonnes en 2017 à 960 431 tonnes, ce qui correspond à une progression de 15% en 05 ans, puis à 984 000 tonnes en 2022.

Selon le bilan de la campagne 2021-2022, les principales zones de production des plantes à racines et tubercules par région sont réparties comme suit : Plateaux (30%), Centrale (29%), Maritime (20%), Kara (19%) et Savanes (1%). La comparaison de la production totale des racines et tubercules au titre de la campagne agricole 2022-2023 par rapport à la moyenne quinquennale montre un accroissement de 9,52% comme l’indique le tableau ci-après. La production d’igname, du manioc, de la patate douce et du taro comparées à la moyenne des cinq dernières campagnes agricoles a également connu une hausse respective de 10,23%, 8,91%, 10,33% et 12,02% sur le plan national.

La comparaison des emblavures des plantes à racines et tubercules de la campagne agro-pastorale 2022-2023 par rapport à la moyenne des cinq (05) dernières campagnes agricoles montrent une hausse de 8,27% au plan national. Cette hausse se justifie par rapport à l’importance des racines et tubercules dans le régime alimentaire et surtout au fait que l’igname devient de plus en plus un produit d’exportation vers les pays sahéliens.

 

Les acteurs de la filière

Il faut souligner que depuis la fin de l’année 2019, la filière PRT au Togo, est regroupée au sein de l’interprofession dénommée ” le Conseil Interprofessionnel de la Filière Plantes à Racines et Tubercules du Togo ” (CIFPRT- Togo). Cette interprofession regroupe trois principales familles d’acteurs directes de la filière, à savoir :  la famille des producteurs, regroupée au sein de la Fédération Nationale des Producteurs des Plantes à Racines et Tubercules (FNPPRT) ; la famille des transformateurs regroupée au sein de l’Association Nationale des Transformateurs des Plantes à Racines et Tubercules (ANTPRT) ; la famille des commerçants regroupée au sein de l’Association Nationale des Commerçants des Plantes à Racines et Tubercules (ANCPRT).

Ces différentes organisations nationales sont composées des organisations villageoises, cantonales, préfectorales et, régionales. Ces différentes familles se caractérisent comme suit : La Fédération Nationale des Producteurs de plante à racines et tubercules (FNPPRT) La production est la première phase des activités de la filière. Elle est assurée par les producteurs réunis en coopératives qui forment la FNPPRT. Cette famille est composée des producteurs individuels, des coopératives (unions ou coopératives de base) et les unions régionales.

La FNPPRT est administrée par un Conseil d’Administration qui est l’organe de gouvernance. Elle dispose également en son sein d’un Conseil de contrôle interne qui est un conseil de surveillance élu par l’Assemblée Générale. Aujourd’hui la famille des producteurs représente la grande famille au sein de l’interprofession, car elle enregistre tous les petits producteurs intervenant dans la filière. En mai 2023, cette famille compte : 280 coopératives des producteurs de manioc ; 52 coopératives des producteurs d’igname ; 15 coopératives des producteurs de patate douce ; 5 coopératives des producteurs de taro.

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