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29 février 2024

SANTE : JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LES HEPATITES

La Journée mondiale contre l’hépatite a été observée le 28 Juillet dernier. La maladie cause environ 125 000 décès en Afrique tous les ans, malgré la disponibilité des traitements. La célébration de cette journée donne l’occasion aux acteurs de lutte contre la maladie de donner les informations de prévention et de prise en charge  sur  l’hépatite virale, une inflammation du foie due à un virus (virus de l’hépatite A, B, C, D et E) pouvant être à l’origine de différentes pathologies, dont le cancer du foie. Malgré les ravages provoqués par ces maladies, les différentes hépatites sont encore trop méconnues, ne sont pas suffisamment diagnostiquées et donc insuffisamment traitées.

Selon l’OMS, plus de 90 millions de personnes vivent avec une hépatite en Afrique, soit 26 % des personnes souffrant de cette maladie à l’échelle mondiale. Malheureusement, du fait de l’absence de symptômes, la        maladie est généralement détectée lorsqu’il est trop tard pour envisager un traitement, et elle entraîne des décès pourtant évitables. La transmission de l’hépatite B de la mère à l’enfant demeure élevée dans la Région, avec une prévalence de 2,5 % chez les enfants âgés de moins de cinq ans. Seuls 14 États Membres de la Région africaine ont réussi à réduire ce taux à 1 %, un objectif que les autres Régions de l’OMS ont déjà atteint.

Le thème retenu pour cette année, à savoir ” Une vie, Un Foi “, souligne toute l’importance de la prévention de la transmission mère-enfant de l’hépatite B et de l’intensification de la prévention, du dépistage et du traitement pour lutter contre cette hépatite. Le fait d’atteindre une couverture d’au moins 90 % dans la région africaine devrait largement contribuer à la prévention de plus de 1,5 million de nouvelles infections et de 1,2 million de décès par cancer du foie d’ici à 2035.

L’hépatite B peut passer inaperçue pendant des années et avoir des conséquences dévastatrices. Parmi les principaux obstacles, on peut citer le fait que les services de prise en charge de l’hépatite sont confinés dans les villes et les grands centres urbains et que ces services sont principalement assurés par des spécialistes ; une situation à laquelle s’ajoutent le coût élevé des tests de diagnostic et des médicaments, et l’inadéquation des plateformes de laboratoire. ” Cette Journée mondiale contre l’hépatite offre l’occasion d’exhorter le gouvernement et les autorités sanitaires à décentraliser la prise en charge jusqu’au niveau des soins de santé primaires, pour faire en sorte que tout le monde en bénéficie quel que soit le lieu de résidence, et à inscrire le financement au rang des priorités, afin d’en finir avec cette menace sanitaire évitable “, affirme-t-on au Gouvernement.

La Stratégie mondiale proposée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) contre l’hépatite, – approuvée par l’ensemble des États Membres de l’OMS, tout comme le Cadre pour une riposte multisectorielle intégrée à la tuberculose, à l’infection à VIH, aux infections sexuellement transmissibles et à l’hépatite dans la Région africaine de l’OMS, vise à réduire de 90 % les nouvelles infections par le virus de l’hépatite et de 65 % les décès dus à cette maladie d’ici à 2030. L’OMS soutient les efforts déployés aux niveaux régional et national, en vue d’éliminer l’hépatite virale à l’horizon 2030. En effet, l’Organisation fournit des orientations claires, notamment pour une prévention, un dépistage et un traitement décentralisés et simplifiés de l’hépatite virale, en mettant l’accent sur une approche centrée sur la personne. Cela inclut l’élimination de l’hépatite B par l’administration d’une dose de vaccin à la naissance (dès le jour de la naissance ou le lendemain).

Malgré la disponibilité d’outils de diagnostic et de traitements efficaces, plus de 90 % des personnes vivant avec l’hépatite en Afrique ne reçoivent pas les soins dont elles ont besoin et, moins de 10 % de la population jouit d’un accès aux services de dépistage et de traitement. Cela favorise l’avancée progressive des maladies hépatiques, occasionne une charge financière catastrophique et induit des répercussions telles que la détresse émotionnelle et la stigmatisation. Le dépistage et le traitement restent les aspects les plus négligés de la riposte proposée au titre de l’approche de santé publique. ” Je suis heureuse de constater que tous les 47 États Membres de la Région africaine ont inclus le vaccin contre l’hépatite B dans la vaccination systématique. Cependant, la couverture de la vaccination systématique des enfants contre l’hépatite B, dans la Région, se situe à 72 %, bien en deçà de la cible mondiale fixée à 90 %. En 2022, 16 pays de la Région ont procédé, dès la naissance, à l’administration d’une dose du vaccin anti-hépatique à tous les nouveau-nés, contre 11 pays en 2021″, a révélé, Dre MOETI Matshidiso, la Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

Elle a encouragé les responsables politiques et les partenaires à faire preuve d’engagement politique en faveur d’un dépistage, d’une prévention et d’un traitement durables et simplifiés de l’hépatite dans le cadre plus large de la santé hépatique et des soins de santé primaires, afin de parvenir à l’élimination de l’hépatite virale. Elle a rappelé aux communautés l’importance de choisir la vaccination contre l’hépatite, le dépistage de cette maladie, le traitement, ainsi que les services curatifs ; un choix qui passe par le recours à tous les services de santé disponibles.

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