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24 juin 2024
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NIGER-INTERVENTION MILITAIRE-SANCTIONS : LE TOGO S’Y OPPOSE A JUSTE TITRE

Lors de sa prise de parole du haut de la tribune de la 78e session ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies, au nom du Président de la République Togolaise et du peuple togolais, Prof. Robert DUSSEY, Ministre des Affaires Etrangères, s’exprimait en ces termes : ” Jamais le Togo n’a fait la guerre à ses voisins, jamais le Togo n’a servi de base arrière pour une quelconque agression contre un pays frère. “

En effet, le Togo a récemment pris une position ferme en faveur de la paix et de la protection des populations civiles en refusant de soutenir toute action militaire ou sanction humanitaire contre la République sœur du Niger. Cette décision s’aligne sur le principe international de la Responsabilité de Protéger (R2P).

Dans son allocution, le Ministre, a expliqué la position de son pays en insistant sur la nécessité de privilégier les solutions diplomatiques et de préserver la souveraineté nationale du Niger tout en garantissant la protection des droits de l’homme.

Le principe de la responsabilité de protéger (R2P), adopté lors du Sommet mondial de 2005 à l’ONU, stipule que la communauté internationale a la responsabilité de protéger les populations civiles contre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, le génocide et l’épuration ethnique lorsque l’État concerné ne peut pas ou ne veut pas le faire. Cette doctrine encourage les États à recourir à des moyens pacifiques pour résoudre les conflits et à éviter le recours à la force militaire lorsque cela est possible.

Sur ce principe, il était du devoir de la CEDEAO de faire en sorte qu’une issue pacifique soit trouvée à la prise de pouvoir du CNSP au Niger, et le renversement du Président Mohamed BAZOUM, démocratiquement élu. Contre toute attente, c’est l’institution sous régionale elle-même qui dès les premières heures du coup d’Etat, a pris la décision d’agresser un pays souverain, sans une prise en compte de la situation des pauvres populations nigériennes, martyrisées déjà par plusieurs années de terrorisme.

Le Niger, pays enclavé d’Afrique de l’Ouest, est depuis quelques années, le théâtre d’une escalade de violences dans certaines de ses régions, avec des groupes armés opérant dans le nord et l’ouest du pays. Les Nations Unies et plusieurs États membres ont aussi exprimé leur inquiétude face à cette situation et ont discuté de la possibilité d’une intervention militaire ou de sanctions humanitaires.

Cependant, le Togo a fermement plaidé en faveur de la médiation et du dialogue pour résoudre la crise au Niger. Le représentant togolais a souligné que la force militaire et les sanctions humanitaires ne sont souvent pas les solutions les plus efficaces pour résoudre les conflits, mais qu’elles peuvent au contraire aggraver la situation humanitaire déjà précaire dans la région. Le discours du Togo a été largement salué par plusieurs autres membres du Conseil de sécurité et par des organisations de défense des droits de l’homme. Les observateurs estiment que la position du Togo met en lumière l’importance du dialogue et de la diplomatie dans la résolution des conflits en Afrique. Cette prise de position épouse le principe de la Responsabilité de Protéger (R2P) en tant que cadre essentiel pour guider les actions de la communauté internationale dans de telles situations.

Alors que la situation au Niger continue d’évoluer, la décision du Togo de privilégier la paix et la diplomatie rappelle aux acteurs internationaux l’importance de respecter les principes fondamentaux du droit international et de travailler ensemble pour protéger les populations civiles dans le respect de la souveraineté nationale des États.

La décision du Togo de privilégier la diplomatie et le dialogue au lieu de la force militaire favorisera une approche pacifique de la résolution des conflits et renforcera l’idée que les solutions politiques et pacifiques soient explorées en premier lieu pour résoudre les crises sociopolitiques.

En s’opposant à des mesures coercitives telles que la guerre ou les sanctions humanitaires, le Togo respecte la souveraineté nationale du Niger. Cette position souligne l’importance du respect des frontières, la préservation de la stabilité régionale car la guerre ou les sanctions humanitaires contre le Niger pourraient avoir des répercussions déstabilisatrices sur toute la région de l’Afrique de l’Ouest. Le Togo contribue ainsi à éviter une escalade des conflits et à préserver la paix régionale.

En matière des droits de l’homme, l’opposition du Togo à la guerre et aux sanctions humanitaires, loin de signifier une indifférence envers les violations des droits de l’homme encouragera plutôt la recherche de solutions qui protègent les droits fondamentaux tout en évitant les souffrances supplémentaires des populations qui pourraient découler de mesures punitives.

Cette décision permettra de renforcer la crédibilité diplomatique du Togo engagée par le président de la république togolaise et sa réputation en tant qu’acteur diplomatique responsable en défendant des principes de résolution des conflits basés sur la paix, la médiation et la diplomatie contribuant ainsi à éviter une éventuelle catastrophe humanitaire. Ceci renforce la crédibilité et l’influence du Togo sur la scène internationale en tant que soutien des mécanismes internationaux de résolution des conflits et de promotion de la paix mondiale.

L’opposition du Togo à la guerre et aux sanctions humanitaires contre le Niger est basée sur des principes de diplomatie, de respect de la souveraineté nationale et de préservation de la stabilité régionale. Cette position contribue à promouvoir des solutions pacifiques et politiques pour résoudre les conflits, tout en protégeant les droits de l’homme et en renforçant la crédibilité du Togo sur la scène internationale.

Il est important que les acteurs sociopolitiques, spécialement, les défenseurs des droits de l’homme tant sur le plan national, régional et international, soutiennent sans considération partisane, cette décision courageuse du Président de la République Togolaise. L’Afrique en sortira grandie.

Par Pierre-Claver Akolly A. DEKPOH, Défenseur des Droits Humains

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