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23 juin 2024
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AFRIQUE-POLITIQUE-CONSTITUTIONS : NECESSITE D’ADAPTER LES CONSTITUTIONS AUX REALITES AFRICAINES

L’exercice du pouvoir politique aujourd’hui en Afrique est sujet, non seulement à moult appréciations, mais surtout lié à des problèmes, à des questions relatives aux constitutions et notamment au mandat présidentiel.

Les politiques africains, dans leur grande majorité commettent bien souvent l’erreur de ne pas questionner la sociologie africaine en abordant les sujets relatifs aux constitutions et à ses pratiques dans nos pays.

S’il est une question fondamentale qui doit préoccuper le commun des mortels, c’est justement celle concernant l’adéquation des constitutions avec la sociologie africaine, étant donné que moult difficultés sont relevées à ce jour, dans les pays africains, surtout francophones, en ce qui concerne l’exercice du pouvoir politique avec les renversements des Gouvernements ou les coups d’Etats.  Des coups d’Etats chantés et loués par certains esprits dans l’euphorie et parfois dans l’ignorance absolue des valeurs démocratiques.

Pour se donner une contenance, les adeptes ou louangeurs des coups d’Etats ont vite fait, se prévalant d’un certain panafricanisme, de jeter leur dévolu et venin sur des puissances étrangères à tort ou à raison, comme leur porte-malheur.

Aujourd’hui, il urge, nous semble-t-il très important, de mener la réflexion sur les constitutions africaines et la sociologie des peuples africains. Il nous revient de savoir si les constitutions africaines sont-elles adaptées au contexte africain de nos jours ? Et bien plus, doit-on faire adopter les constitutions africaines en faisant abstractions des réalités africaines qui sont les nôtres ?

Autant d’interrogations nécessaires auxquelles il faut répondre pour mieux comprendre l’importance de la problématique liée à l’adéquation des constitutions, avec la sociologie africaine dont la signification et le contenu nous paraissent intéressants ici.

 

L’Importance d’adapter les constitutions aux réalités africaines

En mode observations et réflexions, nous pouvons affirmer sans grand risque de nous éloigner de la vérité que l’Afrique se présente comme un véritable laboratoire dans l’élaboration des constitutions qui sont adoptées, remises en cause, suspendues, abrogées puis renouvelées.

Pour preuve, pendant ces dernières années, et en considérant les coups d’Etats intervenus au Mali, au Burkina Faso, en Guinée-Conakry, au Niger et tout récemment au Gabon, la tendance ou la mode des dirigeants actuels dans ces différents pays est justement que les constitutions qui existaient avant leur arrivée au pouvoir ne reflètent pas les réalités desdits pays. Tentant ainsi facilement de justifier les coups d’Etats et de se poser en bons militaires avides de changer les choses dans ” la bonne direction “, de ” faire autrement les choses ” en prenant les pouvoirs par la force des armes. Et généralement, l’une des toutes premières décisions des Militaires au pouvoir, que ça soit au Mali, en Guinée-Conakry, au Burkina-Faso, au Niger et au Gabon, est de suspendre immédiatement les constitutions.

Pour faire un peu d’histoire, il est très important de rappeler à la mémoire collective que si les vagues d’indépendances des années soixante ont permis aux pays d’Afrique francophone d’envisager un renouveau de l’idée de constitution, c’est bien plus la période postérieure aux années quatre-vingt-dix, marquée notamment par de nombreuses crises politiques, institutionnelles et sociales, liées à l’effondrement du parti unique, qui a vu le déploiement du constitutionnalisme dans lesdits pays.

Et cette période, généralement et abusivement qualifiée de ” transition “, a vu ériger en priorité la définition d’un nouveau modèle politique et constitutionnel, caractérisé par plusieurs marqueurs, à savoir l’adoption d’un régime politique de type présidentiel ou semi-présidentiel, l’émergence du pluralisme politique et l’avènement d’élections concurrencées et disputées, la consécration des droits fondamentaux dans les constitutions et l’instauration des Cours constitutionnelles, pensées comme gardiennes de ces droits et garantes de la démocratisation des Etats.

En posant jadis l’Afrique comme un laboratoire dans l’élaboration des constitutions, il est donc indéniable qu’on parvienne, par une dynamique basée sur la sociologie africaine, qu’on arrive à adapter fondamentalement, systématiquement et même manifestement les constitutions aux vécus des peuples africains et surtout que les mandats présidentiels soient réanalysés, en tenant compte d’un certain nombre de critères nécessaires à la paix et à la sécurité publique.

Et s’il arrivait que ce débat sur l’importance d’adapter les constitutions aux réalités africaines trouve un domaine de définition au Togo, faut-il rappeler et insister auprès des politiques la nécessité de ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Mais plutôt d’être conséquents pour éviter de spéculer à loisir et de prendre l’ombre pour la proie.

Crédo TETTEH

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