Deux journalistes français et un Togolais, intervenant dans le cadre d’un projet de film documentaire intitulé « Les Routes de l’impossible », pour le compte de la société de production française Tony Comiti Productions, ont été interpellés par la police nationale du Togo le 27 juillet dans la préfecture de la Binah. Le 4 août 2026, une équipe de la Brigade de recherche et d’investigation (BRI) de Kara a conduit les intéressés à Lomé et les a mis à la disposition de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).
Selon un communiqué conjoint du ministre de la sécurité et le ministre de la justice et des droits humains, il est indiqué que les trois intéressés ont été présentés au parquet le 17 août 2026 et entendus par le procureur de la République en présence de leur conseil, qui les assistait déjà depuis le stade de l’enquête préliminaire. Une information judiciaire a été immédiatement ouverte et confiée à un magistrat instructeur, qui a procédé, le même jour, à l’inculpation des trois intéressés du chef de fausses déclarations, infraction prévue et réprimée par l’article 680, 5 du nouveau Code pénal et a décerné à leur encontre des mandats de dépôt.
L’affaire est relayée par les medias et sur les réseaux sociaux et les interprétations vont bon train. Les autorités apportent alors les précisions officielles à travers.
On y lit que les investigations ont établi que les deux ressortissants français, ainsi que leur collaborateur togolais, se prévalaient d’une autorisation délivrée par le ministère chargé du Tourisme, de la Culture et des Arts. Cette autorisation, en date du 19 juin 2026, avait été signée au seul nom de M. VEDOMEY Komi Mawufemo, producteur-réalisateur togolais et unique requérant Identifié, et assortie d’instructions précises quant aux formalités administratives obligatoires en République togolaise. « L’enquête a toutefois révélé que cette autorisation était strictement limitée à des localités déterminées et ne couvrait ni Mango (Région des savanes), ni Guérin-Kouka, ni Matchatom (préfecture de la Binah), lieu même de l’interpellation, où les intéressés se sont pourtant rendus », indique le communiqué.

Selon les autorités togolaises, certaines des localités survolées sont soumises à un régime de sensibilité sécuritaire particulière, dans le cadre de l’état d’urgence sécuritaire en vigueur au Togo. L’enquête a par ailleurs mis en évidence plusieurs irrégularités dans la préparation et l’exécution du projet, qui ont été portées à la connaissance de la juridiction compétente.
Le ministre de la sécurité et son homologue de la justice et des droits humains précisent tout de même que les faits, objet de la procédure, ne portent ni sur le contenu éditorial du documentaire, ni sur l’exercice de la liberté de la presse, mais exclusivement sur le respect des dispositions administratives, réglementaires et sécuritaires applicables sur le territoire national. « Le respect des dispositions administratives et sécuritaires applicables aux activités de tournage sur le territoire national s’impose à tous, sans considération de nationalité », rappellent-t-ils.
Les autorités renseignent que les intéressés sont détenus en lieu sûr, dans des conditions conformes aux normes et standards internationaux, notamment les principes consacrés par les Règles Nelson Mandela. Ils bénéficient de l’assistance d’un conseil depuis le stade de l’enquête préliminaire, de l’assistance consulaire française, et ont été autorisés à communiquer avec leurs familles.
Les ministres réaffirment l’attachement du Togo au respect de l’État de droit, des droits de la défense, de la présomption d’innocence et des engagements internationaux du pays.
Selon le gouvernement, la procédure suit désormais son cours devant le juge d’instruction compétent, dans le strict respect de son indépendance. « Conformément au secret de l’instruction, les Ministres s’abstiennent de tout commentaire supplémentaire sur les éléments d’enquête et laissent la procédure judiciaire se poursuivre en toute indépendance », fait-on savoir.
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