Le 13 août 2026, les autorités maliennes ont annoncé, la libération de 82 militaires des Forces armées maliennes (Fama) qui étaient aux mains des groupes armés rebelles. Ils avaient été kidnappés et gardés en otage depuis les attaques coordonnées du 25 avril 2026 par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et le Front de libération de l’Azawad (Fla), après des attaques signalées dans plusieurs villes maliennes comme Bamako, Kati, Mopti, Kidal.
Ce qu’on sait le moins, c’est la médiation discrète jouée par le Président du Conseil Faure Gnassingbé dans la libération de ces soldats maliens, en lien avec la Nouvelle Stratégie du Togo dans le Sahel 2026-2028.
Rendue publique en avril 2026, la Nouvelle Stratégie du Togo dans le Sahel a pour objectif d’adapter son engagement au Sahel aux réalités émergentes, tout en renforçant sa contribution à la stabilité régionale et à la coopération entre les pays du Sahel et ceux du golfe de Guinée. Les autorités togolaises mettent notamment l’accent sur le dialogue politique avec l’AES, le bon voisinage, l’intégration économique, la coopération sécuritaire et la diplomatie régionale.
A Lomé, on affirme que la méthode togolaise repose sur une conviction simple : même lorsque les relations diplomatiques se tendent, les canaux de dialogue doivent rester ouverts. Cette posture permet à Lomé de conserver des contacts avec des gouvernements et des acteurs dont les relations avec certaines capitales occidentales ou organisations régionales sont devenues difficiles.
En effet, dans un Sahel marqué par la persistance des conflits armés, les tensions politiques et la défiance entre les acteurs régionaux, les initiatives de médiation togolaise prennent une importance croissante. La libération, le 13 août 2026, de 82 militaires maliens détenus par le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) offre une nouvelle illustration de cette diplomatie menée dans la discrétion.
Il faut souligner que cet épisode malien s’inscrit dans la continuité d’autres démarches diplomatiques conduites ou facilitées par Lomé. On se rappelle que le Togo avait notamment contribué aux efforts ayant permis la libération de militaires ivoiriens détenus au Mali et participé aux discussions autour des transitions politiques au Niger, au Burkina Faso, en Guinée et au Tchad.
Faure Gnassingbé, la Médiation dans la discrétion
Au cœur donc de cette énième issue heureuse, le nom de Faure Gnassingbé revient avec insistance. « Le président du Conseil togolais s’est progressivement imposé comme un interlocuteur dans plusieurs crises ouest-africaines, privilégiant les contacts directs, les bons offices et le maintien du dialogue, y compris avec des acteurs en rupture avec une partie de la communauté internationale », indique-t-on.
Il multiplie les consultations avec les différents protagonistes, tente de rapprocher les initiatives africaines engagées dans la recherche d’une solution politique. Pour Faure Gnassingbé, l’enjeu est désormais de faire de cette succession de médiations, une diplomatique régionale de paix, de sécurité et de développement. La libération des 82 militaires maliens vient ainsi renforcer l’image d’un Togo qui entend jouer, dans une région profondément fragmentée, le rôle d’un intermédiaire discret mais disponible.
La Stratégie découle d’une approche intégrée et pragmatique, privilégiant la prévention, le respect des souverainetés, l’ancrage territorial et des partenariats diversifiés, afin de promouvoir des réponses durables, cohérentes et adaptées aux dynamiques sahéliennes, sous-régionales et régionales (notamment la crise entre la RDC et le Rwanda) à travers une logique simple mais efficace : préserver les passerelles, favoriser la négociation et privilégier la désescalade.
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