Identifier les options de financement et les opportunités d’investissement susceptibles de faciliter le développement des infrastructures d’énergies renouvelables dans les zones rurales est l’un des objectifs spécifiques poursuivis par l’organisation de l’atelier du Parlement de la CEDEAO sur le thème « Exploiter les énergies renouvelables pour l’électrification rurale et le renforcement des économies rurales dans l’espace de la CEDEAO : le rôle du Parlement de la CEDEAO ».
S’il est aussi important de renforcer le plaidoyer parlementaire en faveur des politiques et programmes relatifs aux énergies renouvelables mis en œuvre par les institutions de la CEDEAO, il est très important de connaitre les défis et opportunités du financement des énergies renouvelables en milieu rural. Dans le cas spécifique du financement des EnR à la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), nous pouvons sans gros risque de nous tromper, où en sommes-nous exactement à ce jour ?

A cette question, la représentante de la BIDC à la réunion de Dakar, Maimouna Sidibé, Chef Division Infrastructures a reconnu que les énergies renouvelables demeurent sous-financés dans le portefeuille énergie de la BIDC, malgré leur importance stratégique pour l’accès à l’énergie en milieu rural.
Il est un constat indéniable qu’il existe un décalage entre le potentiel des énergies renouvelables rurales et leur niveau de financement.
A la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), un portefeuille vert est en construction, du PV utility-scale à la mini-hydro, avec une vocation à devenir un pilier de la stratégie 2030.
En termes de projets phares financés par la BIDC, on peut noter entre autres deux projets d’électrification rurale de 100 et de 750 communautés rurales financés au Bénin consistant en déploiement de systèmes photovoltaïque pour des villages hors-réseau, l’un des plus grands programmes solaires ruraux de la région.
En Sierra-Léone, la Centrale solaire photovoltaïque de 50 MW fut financée, en vue de la production utility-scale alimentant les réseaux régionaux, une pierre angulaire de la stratégie de diversification du mix électrique national.
Les défis du financement des EnR rurales
Comme défis , il est important de ressortir la faible maturité des projets, le risque de bancabilité, la petite taille des projets, les cadres institutionnels et réglementaires , la mobilisation limitée du privé et les contraintes financières.

Pour la BIDC donc, le principal défi n’est pas l’absence d’opportunités, mais la transformation de projets ruraux en projets finançables et bancables.
Cependant, il faut retenir que les EnR (énergies renouvelables) rurales ne sont plus seulement un besoin social, mais une opportunité d’investissement à fort impact.
En somme, il existe un potentiel immense, mais sous financé. Car seulement 4% du portefeuille énergie alloué aux EnR malgré leur impact rural. Ajouté à cela, des défis surtout financiers et institutionnels. La bancabilité, la petite taille, les cadres règlementaires et l’accès aux garanties sont des points essentiels.
Un état des lieux qui amène du coup la BIDC à adapter sa stratégie, en nommant la Stratégie GRO 2026-2030,EREEEF, Blended Finance, préparation des projets. Une action coordonnée est donc indispensable entre les Etats, le Parlement de la CEDEAO, la BIDC, le Secteur privé et les partenaires techniques.
Financer donc les énergies renouvelables, c’est investir dans l’inclusion, la résilience et la transformation économique des territoires ruraux, selon la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC).
Crédo TETTEH