Cinq Panélistes de haut niveau parmi lesquels El Hadj Sylla, Coordonnateur du Projet ROGEAP et Guéi Guillaume Kouhie, Chargé de Programme Energies Renouvelables, ECREEEE. Ils avaient à leurs côtés d’autres personnes ressources provenant de l’Agence Nationale des Énergies Renouvelables (ANER), du Centre pour les Énergies Renouvelables et l’Efficacité Énergétique de la CEDEAO (CEREEC),  des Petites et Moyennes Entreprises(PME)/Agroalimentaire bénéficiaire, Partenaire de développement,  et d’un représentant de Jeunes ambassadeurs de l’énergie.

Modérée par  Fatou Mbow Ly, Directrice générale de l’Énergie, Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines du Sénégal, cette table ronde a permis aux Parlementaires de mieux cerner les contours de la transformation économique rurale grâce aux énergies renouvelables.
Des différentes contributions lors du panel, il ressort la nécessité de définir une stratégie bien précise des zones à électrifier hors réseau, d’harmoniser les politiques au niveau régional et domestiquer systématiquement au niveau national. Pour cela, il faut avoir des financements mixtes du marché.
Notons que l’Afrique de l’Ouest est notamment riche en ressources d’énergies renouvelables. En effet, la région bénéficie d’un fort ensoleillement, de l’ordre de 5 à 6 kWh par mètre carré et par jour, ainsi que d’un potentiel hydroélectrique considérable, estimé à plus de 25 000 MW. Toutefois, seule une fraction de ces ressources est actuellement exploitée. À titre d’exemple, le solaire photovoltaïque et les autres énergies renouvelables ne représentent qu’environ 1 % de la production d’électricité de la CEDEAO, dominée par le gaz naturel (45 %), les produits pétroliers (32 %) et l’hydroélectricité (21 %). Il existe donc un écart manifeste entre les ressources disponibles et leur niveau d’exploitation.

Pour combler ce déficit, les solutions d’énergies renouvelables décentralisées, telles que les systèmes solaires hors réseau (mini-réseaux solaires, systèmes hybrides et installations autonomes), constituent un moyen pratique et efficace d’accroître l’accès à l’électricité dans les zones rurales et isolées. Selon un rapport du Projet régional d’accès à l’électricité hors réseau (ROGEAP), 88 000 ménages de la région utilisent environ 520 492 kWh d’électricité hors réseau. Un autre rapport du ROGEAP indique qu’un total de 951 communautés rurales de la CEDEAO et du Sahel dépendent quotidiennement des énergies renouvelables. Ces solutions sont particulièrement adaptées aux communautés rurales et difficiles d’accès et peuvent stimuler les activités économiques locales, notamment les petites entreprises, l’agro-transformation et les chaînes de valeur agricoles.
Aujourd’hui, il urge que le Parlement de la Cedeao joue réellement sa partition en assumant son rôle de plaidoyer et de contrôle. En ce sens que l’accès à l’énergie passe nécessairement par la qualité des équipements, l’existence d’un cadre incitatif, l’inclusion des communautés et également soutenir les différents codes de l’électricité. Ainsi faisant, on pourra aisément débloquer la transformation économique rurale grâce aux énergies renouvelables.
Crédo TETTEH