POLITIQUE-OPPOSITION-MEMORANDUM : PURE PRESTIDIGITATION

En quête de repères et surtout en mal de sensation, une certaine classe politique de l’opposition a rendu public la semaine dernière, un mémorandum pour une supposée sortie de crise, à la suite de l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO en date du 29 Janvier 2026. Comme s’il y a une crise politique au Togo au moment où les institutions républicaines fonctionnent normalement et se revigorent naturellement.

Une sortie politique qu’on doit plutôt analyser sous l’angle de jeu « politique » de la part d’une opposition qui a une envie forte et pressée de manifester sa présence et d’exister dans le débat public. Mémorandum du 25 août 2026 : une opposition en quête de raccourcis pour espérer avoir le pouvoir.

Brigitte Adjamagbo Johnson

Mémorandum du 25 août 2026 : une opposition en quête de raccourcis pour espérer avoir le pouvoir

A parcourir la dizaine de pages du fameux mémorandum, on se rend aisément compte que cette branche de l’opposition porteuse de ce document réchauffé, découlant de vieux discours et de vieilles stratégies improductives, est éperdument à la recherche de raccourcis pour espérer avoir le pouvoir.

Les signataires du mémorandum prétendent toujours contester la nouvelle architecture institutionnelle, qui consacre depuis le 6 mai 2024, la Cinquième République. En produisant ce mémorandum donc, ils espèrent tout simplement obtenir une transition politique, synonyme de raccourcis pour gravir les échelons.

Un Mémorandum qui illustre une succession d’échecs d’une opposition

Le contenu du précieux sésame d’une opposition qui tente depuis des mois de créer artificiellement un climat qui n’a pas de réalité sur le terrain, illustre clairement leur succession d’échecs. Une opposition qui peine toujours à s’organiser pour non seulement espérer une victoire par les urnes mais qui surtout se préoccupent de miettes politiques et montre à la face du monde qu’elle se professionnalise au contraire dans les improvisations et l’amateurisme. Se comportant au gré du vent et se mouvant au gré des saisons.

David Dosseh

Intoxiquer et manipuler l’opinion à partir de l’arrêt de la Cour de justice de la Communauté-CEDEAO

Aujourd’hui, il est clair que l’opposition s’accroche à un arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO qui, en réalité, ne remet nullement en cause la 5ᵉ République ni les institutions progressivement mises en place.

L’instrumentalisation de cette décision vise tout simplement à jeter du discrédit sur un processus constitutionnel en cours, qui voit les Institutions de la République s’établir dans les règles de l’art. C’est également l’expression d’une volonté de transformer l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur la réforme constitutionnelle de 2024 en point de départ d’une sortie de crise. Or, il n’y a aucune crise politique au Togo si ce n’est justement dans les esprits de ses signataires et auteurs. Qui apparemment s’essayent à la prestidigitation pour mieux se définir.

La réforme constitutionnelle de 2024, au cœur du mémorandum

Il sied de préciser que c’est la réforme constitutionnelle de 2024 qui constitue le cœur de l’argumentaire de la coalition.  Ils contestent toujours la Cinquième République tout en profitant et interprétant à leur guise l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO comme une base juridique à la contestation de la nouvelle architecture institutionnelle togolaise.

Dans cette optique, les porteurs de ce mémorandum continuent à leur manière de revendiquer le retour à la Constitution de 1992 pour en fait ouvrir la voie à une période de transition politique.

A les écouter déblatérer des choses, le profane en politique croirait que cette classe de l’opposition fait des émules. Au contraire, elle démontre une fois encore à la face du monde qu’elle n’a rien à se mettre sous la dent et qu’elle se comporte à l’image d’une boussole ou d’une girouette. L’essentiel n’est-il pas de continuer à exister pour professionnaliser le milieu de l’opposition dont la plupart des acteurs n’ont plus d’autres occupations et naviguent à longueur de journée sur les réseaux sociaux cherchant de quoi s’offusquer comme pour dire aux Togolais, souvenez-vous de nous, nous continuons d’exister pour vous ?

Aimé Gogué

Triste réalité pour la classe politique de l’opposition togolaise qui ne veut pas se rendre à l’éveil que la République est en marche et que la Constitution de 2024 fait son bonhomme de chemin malgré le fait que certains d’entre eux en jouissent déjà à gorge déployée mais sans avoir le minimum de courage pour l’assumer.  On serait dans un film western qu’on les aurait qualifiés de « lâches ». Mais comme ils ont toujours privilégié le domaine de la comédie théâtrale, on peut, sans grand risque de se tromper, les assimiler à des prestidigitateurs de saisons tellement ils s’y prennent même très mal et ainsi présentent à l’opinion qu’ils ne valent pas grande chose.

Quelle ingénieuse idée d’une classe de l’opposition et de sa société civile de créer de toutes pièces l’idée d’une crise politique au Togo et d’en décréter, du coup, une transition politique afin « de restaurer l’ordre constitutionnel et d’engager les réformes institutionnelles jugées nécessaires » ? Ne vivent-ils pas sur les nuages pour estimer que le Togo connait actuellement une crise politique ?

Est-ce avec cette mouture qu’ils espèrent « la mobilisation citoyenne » pour un « retour à l’ordre constitutionnel » ? Surtout qu’en leur sein, ils ne partagent pas tous les mêmes stratégies et se font la guerre en silence et parfois de tranchées ? En lançant un appel à la communauté internationale à intervenir dans un processus de retour à « l’ordre constitutionnel normal », n’est-ce pas montrer leurs propres limites et leur improductivité notoire ?

Somme toute, l’opposition togolaise en général et celle particulièrement qui porte le fameux mémorandum est en pleine crise d’existence et de crédibilité. Dans un premier temps, elle doit plutôt chercher à se rendre propre, ensuite travailler à inculquer une éducation civique à leurs militants et enfin rendre toujours compte de ses actions à leurs militants de saisons, avant toute invective à l’encontre du pouvoir en place.  Le porc dans une porcherie peut-il se prévaloir d’avoir fait une séance de make-up ou de soins de visage ? On ne parle même pas encore de pédicure et de manucure politiques.

Crédo TETTEH

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