CEDEAO- FONDS CATALYTIQUE DE DEVELOPPEMENT DU CAPITAL HUMAIN : Ouverture officielle ce jour à Lomé de l’atelier de lancement par la Vice-Présidente de la Commission de la CEDEAO, Mme Damtien L. TCHINTCHIBIDJA

La Vice-Présidente de la Commission de la CEDEAO, Madame Damtien L. TCHINTCHIBIDJA  a ouvert ce jour à Lomé l’atelier de lancement du Fonds catalytique de développement du capital humain.  Elle avait à ses côtés des représentants du ministère de l’économie et des finances et de la Représentante Résidente de la CEDEAO au Togo. L’atelier de lancement, représente un acte opérationnel fondateur du Fonds catalytique, avec cinq objectifs spécifiques et vérifiables.

Une vue de la table d’honneur lors de l’ouverture officielle de l’atelier

« Ce que nous lançons aujourd’hui n’est pas un projet de plus. C’est le premier instrument financier propre de la CEDEAO entièrement dédié au Développement du Capital Humain » a déclaré . Madame Damtien L. TCHINTCHIBIDJA lors de son discours d’ouverture.

Précisons que depuis 2019, la CEDEAO et ses États membres ont pris conscience que le développement du capital humain est essentiel à une croissance socio-économique durable. En 2021, la Commission de la CEDEAO a élaboré la Stratégie régionale de développement du capital humain (HCD), qui vise à faire de la CEDEAO la première communauté économique régionale (CER) d’Afrique subsaharienne en matière de développement du capital humain d’ici 2030, conformément à sa Vision 2050. Elle s’articule autour de trois axes prioritaires notamment Santé et nutrition, Éducation, compétences et participation au marché du travail  et Entrepreneuriat et inclusion financière grâce à l’accès au numérique.

Une vue des Experts de la Commission de la CEDEAO

« En 2021, les Chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO ont adopté la Stratégie Régionale Intégrée de Développement du Capital Humain. Elle repose sur trois piliers principaux: la santé et la nutrition ; l’éducation, les compétences et la participation au marché du travail ; l’entrepreneuriat, l’inclusion financière et l’économie numérique. L’objectif étant de faire de la CEDEAO la première communauté économique régionale d’Afrique subsaharienne en matière de développement du capital humain d’ici 2030. C’était une ambition. Une belle ambition » a-t-elle ajouté.

Selon la Vice-Présidente de la Commission de la CEDEAO, Madame Damtien L. TCHINTCHIBIDJA, le Fonds Catalytique d’Investissement DCH-CEDEAO n’est pas un système de subventions qui distribue de l’argent à fonds perdus.  C’est un fonds rotatif. L’argent qui en sort revient. Et lorsqu’il revient, il repart pour financer d’autres jeunes. Concrètement : l’enveloppe pilote de 1,6 million de dollars mobilisera plus de 3 millions de dollars de financement effectif au bénéfice des porteurs de projets. C’est ainsi qu’un instrument public devient un levier privé » a-t-elle poursuivi.

Une autre image des participants à l’atelier de lancement

Notons que trois instruments composent ce Fonds. Il s’agit des garanties de crédit, qui rassurent les banques et débloquent le prêt qu’elles auraient refusé, des prêts concessionnels, à taux bonifié, avec un différé de remboursement adapté au cycle réel d’une entreprise naissante et des investissements dans les incubateurs et les fonds locaux, pour démultiplier notre portée sans démultiplier nos coûts.

Tout cela avec une exigence transversale, non négociable,  au minimum soixante pour cent des bénéficiaires directs doivent être des femmes ou des jeunes. Ce  qui n’est pas une orientation mais plutôt un critère contractuel.

Le Choix du Togo pour le lancement du Fonds, pas du tout anodin

« Le choix du Togo pour le lancement et comme pays pilote n’est pas un choix de circonstance. C’est un choix de conditions réunies.  Le Togo dispose d’un écosystème entrepreneurial structuré, avec des incubateurs actifs et une stratégie numérique gouvernementale assumée. Il dispose d’un réseau d’institutions financières déjà engagées auprès des jeunes entreprises. Et il bénéficie d’un engagement politique au plus haut niveau de l’État » a précisé la Vice-Président de la Commission de la CEDEAO.

Pour Mme TCHINTCHIBIDJA, le Togo est un terrain de démonstration. « Ce que nous y réussirons sera répliqué dans d’autres pays de l’espace communautaire. Réussir ici d’abord, étendre ensuite est notre ambition. C’est un choix de rigueur, pas de prudence. Nous sommes réunis ici pour un un acte fondateur, et la communauté attend de nous des résultats vérifiables. Nous comptons valider au cours de nos travaux la feuille de route opérationnelle du Togo pour 2026-2027, avec un calendrier d’appel à projets, des critères de sélection définis et des cibles de décaissement » a-t-elle agréablement renchéri.

Des participants suivant attentivement le discours de la Vice-Présidente de la Commission de la CEDEAO

Des attentes des Institutions financières et des gestionnaires de fonds

Des institutions financières, il est attendu plus que de simples marques d’intérêt. Plutôt de véritables lettres d’intention. En ce sens que l’effet de levier ne sera réel que si ces dernières  acceptent de partager le risque avec nous. « Sans donc ces institutions financières, ce Fonds reste un guichet. Or, avec elles,  il devient un mécanisme » a argumenté la Vice-Présidente de la Commission de la CEDEAO qui attend également des gestionnaires de fonds candidats,  la démonstration de leur compréhension du mécanisme. « Vous êtes ici comme participants techniques, à un moment précis de la procédure de sélection. Ces deux journées vous permettront de mesurer l’ampleur du mandat. Elles nous permettront de mesurer votre maîtrise » a ajouté Madame Damtien L. TCHINTCHIBIDJA.

Pendant deux jours, les participants à l’atelier de lancement vont réfléchir précisément sur l’ambition, l’architecture et partenariats, sans oublier le plan opérationnel, la démonstration et les engagements de l’UWAHP (Libérer le potentiel humain de l’Afrique de l’Ouest).

De l’avis des organisateurs de l’atelier , à la fin de l’atelier, les participants auront une compréhension commune et action concertée de toutes les parties présentes concernant le mécanisme UWAHP, valideront la feuille de route opérationnelle Togo/Guinée-Bissau 2026, comprenant le calendrier des appels à propositions, les critères de sélection et les premiers décaissements ciblés et prendront des engagements formels ou lettres d’intention de la part des partenaires financiers locaux pour la mobilisation de l’effet de levier financier.

Photo de famille des participants après la cérémonie officielle d’ouverture de l’atelier ce mardi à Lomé

Du Rapport 2024 sur l’indice de développement humain

Il faut tout de même rappeler que le rapport 2024 sur l’indice de développement humain (HCD) dresse un bilan mitigé. Des progrès réels ont été enregistrés pour plusieurs indicateurs, notamment en matière d’entrepreneuriat (+49,87 %) et d’alphabétisation des jeunes (+37,62 %). Toutefois, des vulnérabilités structurelles persistent : le taux de jeunes NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation) a augmenté de 4,16 %, et l’inadéquation entre les compétences dispensées par les systèmes éducatifs et les besoins réels du marché du travail reste le principal obstacle à la pleine réalisation du dividende démographique régional.

« Le Rapport 2024 publié par la CEDEAO sur l’Indice de Développement du Capital Humain nous donne des raisons d’espérer mais aussi des raisons de nous alarmer. Les raisons d’espérer d’abord :  L’indice régional a progressé de 12 % par rapport à 2023. L’entrepreneuriat bondit de près de 50 %. L’alphabétisation des jeunes a progressé de 37 %. Ce sont des chiffres réels, issus des efforts des États membres. En revanche le taux de jeunes qui ne sont ni en emploi ni en éducation ni en formation a augmenté de 4,16 %. Nos jeunes entreprennent davantage. Mais davantage de nos jeunes sont sans perspective. Les deux chiffres progressent simultanément » a conclu Madame Damtien L. TCHINTCHIBIDJA . Avant de souhaiter de fructueuses délibérations  aux participants de l’atelier de lancement du Fonds d’Investissement catalytique DCH CEDEAO dont la modération générale porte la marque de l’Ambassadeur Francis Gabriel OKE.

Crédo TETTEH    .

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