Lancement hier lundi à la préfecture de Bas-Mono de « Mia Dzrado », un exercice de simulation grandeur nature multirisques.  Sirènes, évacuations, postes médicaux avancés : depuis 5h00 ce matin, le Bas-Mono vit au rythme d’une catastrophe. Mais il s’agit d’une simulation. Le scénario  est tout simple mais expressif : 1 000 victimes fictives à prendre en charge lors d’une crue soudaine du fleuve Mono. L’objectif visé donc à travers est d’ éprouver la coordination des acteurs et la réaction des communautés face à une inondation majeure.

Baptisé « Mia Dzrado », qui signifie « Soyons prêts » en langue locale, cet exercice grandeur nature multirisques a été officiellement lancé par le Préfet d’Afagnan. Il met en scène la sortie du lit du fleuve Mono et ses conséquences sur plusieurs localités de la préfecture.
Le scénario déroulé est précis. À 5h00, le Mono déborde et inonde Afomonou, Agoméglozou et Togbodji. L’alerte est donnée par le Préfet au cours d’une réunion d’urgence de la plateforme préfectorale de gestion des catastrophes.
Le bilan provisoire fictif, communiqué par l’Agence Nationale de la Protection Civile (ANPC), fait état d’environ 1 000 victimes. Sur le plan sanitaire, une trentaine de cas de diarrhée sont simulés parmi les sinistrés pour tester la chaîne de surveillance épidémiologique.
Tester toute la chaîne de secours en conditions réelles
« L’objectif de Mia Dzrado est de tester, en conditions réelles, l’ensemble de notre dispositif », explique un cadre de l’ANPC. « De l’alerte jusqu’à la prise en charge des sinistrés, en passant par la coordination entre acteurs. », a-t-il renchéri
Conformément au scénario, le Préfet a mobilisé les services de santé, les forces de défense et de sécurité, la Croix-Rouge togolaise et les mairies de Bas-Mono 1 et Bas-Mono 2.
Sur le terrain, les équipes jouent le jeu : la Croix-Rouge procède à l’identification des personnes vulnérables fictives : enfants, femmes enceintes, personnes âgées et personnes handicapées. Les mairies ont activé leurs plans communaux de sauvegarde.

Des difficultés simulées pour mieux anticiper
L’exercice intègre volontairement des complications pour pousser le système dans ses retranchements. Des difficultés pour reloger l’ensemble des sinistrés sont simulées, obligeant les acteurs à étudier la réquisition d’établissements scolaires comme abris temporaires.
Trois points d’attention urgents sont inscrits au scénario : le besoin d’abris supplémentaires, le risque sanitaire lié aux maladies hydriques avec les 30 cas de diarrhée simulés, et le besoin en vivres, eau potable et kits d’hygiène.
Un exercice pour sauver des vies demain
Les prochaines étapes de la simulation prévoient un point de situation toutes les 6 heures, une évaluation rapide conjointe ANPC/Croix-Rouge/Mairies et la préparation de messages à la population sur les consignes sanitaires.

Pour les autorités, « Mia Dzrado » doit permettre d’identifier les forces et les faiblesses du dispositif avant une vraie catastrophe. « Mieux vaut corriger nos erreurs pendant un exercice que lors d’une inondation réelle », rappelle le Préfet d’Afagnan.
L’exercice se poursuit sur 48h et mobilise plus de 300 acteurs et figurants. Les leçons tirées serviront à mettre à jour le plan ORSEC préfectoral du Bas-Mono.
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