Ils sont plus de 50 « agents irréguliers » à être radiés de la fonction publique au Togo. Ceci à la suite de contrôles administratifs ayant révélé plusieurs cas de fraude, selon une source officielle.
En effet, par arrêté n°1010/PC/MFPTDS/SG portant licenciement de plus de cinquante fonctionnaires, et conformément à l’article 133 de la loi portant statut général de la fonction publique togolaise ainsi qu’au décret fixant les modalités communes d’application de ce statut, cette décision traduit l’illustration d’une politique de fermeté assumée au sommet de l’État.
Pour rappel, 64 agents de la fonction publique avaient été interpelés il y a quelques mois suite à des enquêtes approfondies par le forces de sécurité sous la conduite du Procureur de la République. Il leur était reproché des fraudes documentaires, fausses signatures, faux avancements, usage de faux diplômes et manipulations de dossiers administratifs.

Certains suspects parmi les 64 agents indélicats avaient tenté de se soustraire aux procédures, mais la coordination entre le Procureur de la République et les services du ministère de la Sécurité a permis de les localiser puis de les interpeller.
Aujourd’hui, ils sont plus de 50 agents radiés d’office de la fonction publique, une « décision actée » par le président du Conseil, Faure Gnassingbé. Ce qui traduit l’installation d’une nouvelle exigence au plus haut sommet de l’Etat. Remettre de l’ordre là où l’habitude avait installé la complaisance, protéger les agents honnêtes, restaurer le mérite et réaffirmer que la Fonction publique n’est pas un refuge pour les arrangements administratifs.
Une affaire dans un contexte particulier
Les arrestations et radiations d’agents véreux dans la fonction publique togolaise sont intervenues dans un contexte particulier marqué par le rattachement stratégique du ministère du Travail et de la Fonction publique à la Présidence du Conseil. C’est également le sceau d’une réforme institutionnelle dont les premiers effets commencent déjà à se traduire par un durcissement des mécanismes de contrôle interne, de vérification des dossiers administratifs et de discipline au sein de l’administration publique.

Une volonté affichée et assumée au sommet de l’Etat, de rompre avec les pratiques longtemps dénoncées dans certains services publics. Place donc dorénavant à une administration fondée sur le mérite, la probité et le respect strict des textes en vigueur.
Notons que la fonction publique togolaise comptait environ 71.000 agents à fin 2024 et devrait atteindre près de 84.000 fonctionnaires actifs en 2025, selon des données officielles.
Crédo TETTEH