CHINE : Faure Essozimna Gnassingbé s’est entretenu avec des médias chinois

En séjour officiel en Chine depuis vendredi dernier, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, s’est entretenu avec des médias chinois sur le renforcement de la coopération sino-togolaise et africaine autour de l’accord sur la diversité biologique marine.

 Occasion pour le Président du Conseil d’aborder les enjeux de sécurité maritime avec une liberté de navigation garantie à tous et la prospérité des zones industrielles.

 Sécurité maritime, gouvernance mondiale des océans et développement de l’économie bleue.

 

Artisan des grandes œuvres, le Président du Conseil,  Faure Essozimna Gnassingbé répondant aux questions de la presse chinoise estime que le Togo ambitionne de passer du statut de plateforme de transit vers le statut d’acteurs économiques, technologiques et institutionnels de la gouvernance mondiale. Cependant, cette évolution nécessite un travail approfondi, un engagement de taille et surtout une vision.

Sur la sécurité, le Président du Conseil a rappelé à nos confrères que le  Togo s’est engagé dans la coopération régionale dans le golfe de Guinée. Ceci bien évidemment pour trois raisons essentielles : d’abord, la liberté de navigation dans le golfe de Guinée, ensuite la prévention des trafics illicites, et enfin la protection des espaces maritimes.

Pour Faure Essozimna Gnassingbé, la Chine, compte tenu de son poids dans le commerce mondial, peut contribuer au renforcement de nos capacités et donc à la préservation de cette sécurité, que ça soit pour le Togo que pour les autres pays africains.

Abordant  le volet économique, le Président du Conseil consent que la sécurité maritime est indissociable de la sécurité économique. « Aujourd’hui, les perturbations que nous connaissons dans  le monde, sur les grandes routes maritimes mondiales, ont un effet direct sur nos économies par trois canaux : d’abord le coût des transports, le prix des énergies et les chaînes d’approvisionnement » a reconnu Faure E. Gnassingbé. Avant de proposer que pour y faire face, nos ports ne peuvent plus être seulement des ports de transbordement.

« Nous avons un port à Lomé qui est le premier port à conteneurs de l’Afrique de l’Ouest, mais aujourd’hui, l’enjeu, c’est de construire des capacités productives autour de ces ports. Ce que nous voulons, ce n’est pas d’augmenter le trafic ou bien les marchandises qui passent par notre port, mais de capter plus de valeur, créer une valeur ajoutée » a-t-il ajouté.

Tel un médecin après son diagnostic, le Président du Conseil estime qu’il nous faut des zones industrielles, il nous faut des services logistiques performants de la main-d’œuvre qualifiée, et des entreprises locales qui participent à ce développement précis.

La Chine avec sa grande expérience

Avec humilité, Faure E. Gnassingbé reconnait que la Chine a  une très grande expérience dans ce domaine d’articulation entre le port, le parc industriel, la zone industrielle et les écosystèmes productifs. Une expérience qui devra inspirer dans le cadre de cette coopération entre la Chine et les pays africains.

L’économie bleue ou la maitrise des connaissances et des technologies

De l’avis du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, l’économie bleue suppose la maîtrise des connaissances et des technologies. « L’Afrique ne peut pas participer à la gouvernance mondiale si elle ne maîtrise pas certaines choses, notamment les sciences marines » a-t-il affirmé tout en reconnaissant qu’il faut aujourd’hui pour l’Afrique de maitriser les technologies mais aussi de disposer d’institutions de recherches.

« Pour ce faire, la Chine, dans le cadre de la coopération avec les pays africains, notamment avec le Togo, peut également nous aider à former plus de spécialistes, à partager plus de données également » a renchéri le Président du Conseil.

Xiamen comme siège du Secrétariat de l’Accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale

Pour  Faure Essozimna Gnassingbé, le Président du conseil, cet accord est une chance pour les pays africains qui doivent obligatoirement participer pleinement à cette gouvernance. « Donc l’enjeu, ce n’est pas seulement l’endroit, mais c’est surtout ce que ce Secrétariat va faire pour les pays africains. Je pense que votre pays a de très bons atouts. D’abord, vous avez une tradition maritime qui est parfaitement reconnue. Vous avez des infrastructures qui sont modernes ; nous avons vu tout à l’heure, dans une vidéo, le bâtiment qui pourrait abriter ce Secrétariat.

Des conditions optimales réunies au niveau des infrastructures

Selon Faure E. Gnassingbé, les conditions optimales sont bien réunies en ce qui concerne les  infrastructures. Ajouté à cela, l’expérience de la Chine dans le respect de ses engagements internationaux en général, sans oublier les capacités de recherche importantes.

« Votre développement est associé aux activités portuaires, aux technologies, à la protection de l’environnement marin. Donc vous avez une très forte légitimité pour accueillir, et des atouts pour accueillir cette institution ».

Cependant, ce qui va faire la différence, c’est comment ce Secrétariat va pouvoir aider les pays en développement à participer effectivement à cette gouvernance-là. Dans cette optique, Faure E. Gnassingbé avoue que c’est une chance d’avoir un cadre de dialogue qui s’appelle le FOCAC, où, généralement, il est question de discuter pour trouver les accords entre les intérêts de votre pays et les intérêts africains, tout en nous respectant.

« Mais il se fait que dans ce domaine précis, nous avons des moyens inégaux dans les pays africains. La recherche océanographique est un problème pour certains pays. L’accès aux données océaniques est également un problème pour d’autres pays » a-t-il nuancé.

Une humilité d’esprit qui élève plutôt

Conscient que la maîtrise des sciences marines n’est pas une évidence pour tout le monde, le Président du Conseil pense en toute humilité que face à ces problème, la Chine dispose d’une expérience et  des atouts vis-à-vis des États africains pour que, si ces derniers venaient à participer pleinement à la gouvernance, il puisse avoir des partenariats entre les institutions de recherche chinoises et celles africaines. Le souhait est de disposer de centres de recherche beaucoup plus performants, avec des accès à des données, un

partage des données, et surtout un partage équitable des avantages et des bénéfices à tirer de l’utilisation de ces ressources génétiques marines.

Le Togo a ratifié l’Accord

Il faut rappeler que le Togo a signé et ratifié cet accord. Mais l’enjeu pour nous aujourd’hui, selon le Président du Conseil,  c’est comment participer pleinement à sa mise en œuvre. Le Togo a besoin de compétences et de moyens.

« En résumé, c’est une bonne choses que les pays en voie de développement soient représentés dans les institutions internationales, mais on doit aussi avoir la possibilité, la capacité de produire des connaissances et de participer aux décisions qui en découlent, surtout quand ce sont des mécanismes internationaux » a conclu Faure E. Gnassingbé.

Somme toute, Xiamen a de très bonnes chances d’accueillir le Secrétariat et le Togo se sentira bien à l’aise. Son accessibilité et ses infrastructures,  plaident largement en sa faveur, selon le Président du Conseil.

@LEMEDIUM

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