La première session de la Commission intergouvernementale entre le Togo et la Russie a lieu depuis le 29 septembre dernier dans la capitale togolaise. Un cadre d’échanges et de discussions pour examiner les perspectives de coopération dans les domaines économique, scientifique, technique, éducatif et culturel. Ainsi donc, le Togo et la Russie entendent donner une nouvelle impulsion à leur coopération.
L’enjeu de cette session de la Commission intergouvernementale est aussi de déterminer, à travers ces échanges gouvernementaux, dans quelle mesure ce rapprochement peut se traduire par des opportunités concrètes pour la jeunesse togolaise. Il faut noter qu’au Togo, la formation et l’insertion professionnelle des jeunes constituent des priorités. Ce faisant, les bourses d’études, les échanges universitaires, la formation des enseignants et la mobilité scientifique apparaissent comme des axes importants de cette coopération.
Pour les étudiants togolais notamment, l’accès à des établissements russes peut offrir la possibilité d’acquérir des compétences dans des secteurs scientifiques et techniques. Mais l’efficacité de ces dispositifs dépendra aussi de leur capacité à déboucher sur des qualifications reconnues et sur des perspectives professionnelles au retour au pays.
Le retour des compétences après les formations, une question centrale
Pour les Autorités togolaises, la question du retour des compétences est centrale. En ce sens que que former des jeunes à l’étranger ne constitue un investissement durable que si les connaissances acquises peuvent ensuite être mobilisées dans l’économie nationale. Il s’agit ici donc de construire des passerelles entre les établissements de formation, les administrations, les entreprises et les secteurs de recherche afin que les diplômés puissent valoriser leur expertise au Togo.
Les domaines technologiques pourraient occuper une place croissante dans cette stratégie. Intelligence artificielle, énergie, ingénierie, santé, matériaux et technologies numériques sont autant de secteurs dans lesquels le développement des compétences peut accompagner les ambitions de transformation économique du pays. Pour Lomé, l’objectif consiste à préparer une main-d’œuvre capable de répondre aux évolutions rapides de l’économie mondiale.

Le renforcement des compétences des formateurs, une importance
La formation des enseignants est un autre volet important. Le renforcement des compétences des formateurs peut avoir un effet démultiplicateur sur le système éducatif, en améliorant la transmission des connaissances et en permettant aux établissements togolais de mieux intégrer les évolutions scientifiques et technologiques.
La reconnaissance des diplômes obtenus à l’étranger sera également déterminante. Pour les jeunes bénéficiaires, un diplôme doit pouvoir être utilisé comme un véritable outil d’insertion professionnelle. Les procédures administratives, les équivalences et les mécanismes de reconnaissance devront donc accompagner la mobilité universitaire si celle-ci doit produire des effets durables.
Le Togo en quête de diversification de ses partenariats internationaux
La coopération entre la Russie et le Togo intervient dans un contexte où notre pays cherche à diversifier ses partenariats internationaux. Pour les Autorités, la multiplication des coopérations doit permettre d’élargir l’accès aux investissements, aux technologies, aux connaissances et aux formations. Dans cette stratégie, la Russie constitue un partenaire avec lequel Lomé entend renforcer ses échanges.
Mais les résultats se mesureront moins au nombre d’accords annoncés qu’à leur mise en œuvre. Pour la jeunesse togolaise, les indicateurs seront concrets : nombre de bourses effectivement attribuées, étudiants bénéficiaires, programmes universitaires développés, enseignants formés, diplômes reconnus, projets de recherche lancés et possibilités d’insertion créées.
La mobilité internationale peut, dans cette perspective, devenir un instrument de développement du capital humain. Un jeune qui part se former à l’étranger peut revenir avec une expertise nouvelle, développer une activité, intégrer une entreprise, rejoindre un laboratoire ou transmettre à son tour ses connaissances. L’enjeu est de faire de cette circulation des compétences un processus qui profite également au pays d’origine.
La première session intergouvernementale de Lomé, une nouvelle phase dans les relations entre le Togo et la Russie
La première session de la Commission intergouvernementale Togo-Russie ouvre ainsi une nouvelle phase dans les relations entre Lomé et Moscou. Les discussions engagées devront désormais être suivies d’actions concrètes, notamment dans le domaine de la jeunesse, afin que les engagements pris puissent se traduire en possibilités réelles de formation, de recherche et d’emploi.
Pour le Togo, la question est finalement moins celle de la signature des accords que celle de leur impact. Si les partenariats universitaires et scientifiques permettent à davantage de jeunes d’acquérir des compétences recherchées et de les valoriser ensuite dans leur pays, la coopération bilatérale pourra alors contribuer directement au renforcement du capital humain et aux ambitions de développement du pays.
@LEMEDIUM