Faire du numérique un levier concret de performance agricole, d’amélioration des services aux producteurs et de transformation durable des conditions de vie en milieu rural, l’une des ambitions affichées par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire (MAPRASA) dans le cadre de la modernisation de l’agriculture togolaise.
Au centre de cette dynamique figure le Projet de digitalisation intégrée du secteur agricole togolais (ProDISA-Togo). Sa vision est de digitaliser les processus métier des directions et structures du secteur dans un système centralisé, afin d’améliorer leur performance globale et de transformer durablement les conditions de vie des agriculteurs.
Au ministère de l’agriculture, on estime que dans un contexte où l’agriculture contribue à environ 20 % du produit intérieur brut et emploie près de 40 % de la main-d’œuvre au Togo, la digitalisation apparaît comme un levier stratégique pour améliorer l’accès aux intrants, au conseil agricole, aux marchés et au financement. Toutefois, son déploiement nécessite des solutions adaptées aux réalités du terrain, notamment en matière de connectivité, d’accès à l’électricité, de disponibilité des données et de capacités institutionnelles.
Une rencontre des acteurs concernés, tenue le mois dernier, a permis de partager un diagnostic du niveau actuel de digitalisation du secteur agricole, d’examiner les systèmes et solutions déjà disponibles et de confronter les expériences nationales aux enseignements tirés d’autres contextes, notamment celui de l’État du Bihar, en Inde. « L’objectif est clair : construire une approche cohérente, fondée sur les besoins réels des utilisateurs et capable de valoriser les acquis existants », fait-on savoir au MAPRASA.
Pour concrétiser cette ambition, les participants ont approfondi cinq domaines prioritaires : l’attribution et la gestion des subventions agricoles ; le conseil agricole et la diffusion des bonnes pratiques ; l’accès au financement et aux marchés ; l’identification et le profilage des producteurs ; ainsi que la gestion des réclamations.
Selon le gouvernement, ces axes répondent à des préoccupations concrètes : mieux identifier les bénéficiaires des programmes agricoles, faciliter l’accès aux services et aux informations utiles, améliorer la mise en relation avec les acheteurs, renforcer la traçabilité des interventions et permettre aux producteurs de signaler plus efficacement les difficultés rencontrées sur le terrain.
Les échanges ont également porté sur les possibilités de valoriser les solutions numériques existantes et de renforcer l’interconnexion des systèmes, le partage sécurisé des données et la coordination entre les institutions. L’enjeu est de progresser vers des services agricoles plus accessibles, mieux articulés et davantage orientés vers les besoins des producteurs, tout en tenant compte des exigences de protection des données et de cybersécurité.
Au-delà des présentations et des débats, la concertation a permis d’établir une première feuille de route pour préparer la mise en œuvre du ProDISA-Togo.
Avec le ProDISA-Togo, le MAPRASA affirme ainsi une ambition structurante : faire du numérique un outil au service du producteur, de l’efficacité de l’action publique et de la résilience du secteur agricole. L’enjeu ne se limite pas à introduire de nouvelles technologies, mais à repenser les services, fluidifier les échanges d’informations et rapprocher davantage l’administration agricole des réalités du terrain.
La réussite de cette transformation reposera désormais sur la coordination des acteurs, la mobilisation des ressources, la qualité des données et la capacité à traduire la feuille de route en résultats tangibles. Une étape importante est franchie ; le défi est maintenant de faire de cette ambition numérique une réalité concrète pour les producteurs et pour l’ensemble de l’agriculture togolaise.