A mesure que les échanges internationaux deviennent un levier majeur de compétitivité, le Togo poursuit ses efforts pour consolider ses partenariats et mobiliser de nouvelles opportunités au service de son développement. C’est dans cette perspective que s’inscrit le déplacement officiel du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, en République populaire de Chine, du 9 au 16 octobre 2026. Ce séjour a permis de franchir un nouveau cap dans les relations entre Lomé et Pékin, avec des engagements touchant plusieurs secteurs prioritaires de l’économie nationale.
L’un des faits marquants de cette visite est l’élévation des relations bilatérales au rang de « Communauté d’avenir partagé Chine-Togo à l’ère nouvelle ». Cette nouvelle orientation témoigne de la volonté des deux pays de bâtir une coopération plus étroite, diversifiée et tournée vers des objectifs de développement communs. Les échanges politiques, les visites d’infrastructures et les accords conclus traduisent une ambition : tirer parti de l’expérience et du savoir-faire chinois pour accompagner la modernisation du Togo.
Lomé et Pékin renforcent les fondements de leur partenariat stratégique
Les entretiens du Président du Conseil avec les principales autorités chinoises ont constitué un moment essentiel du séjour. Les rencontres avec le président Xi Jinping, le Premier ministre Li Qiang et le président de l’Assemblée populaire nationale, Zhao Leji, ont permis de réaffirmer la solidité des relations entre les deux pays et leur volonté de renforcer les mécanismes de coopération.
Ces rencontres contribuent à consolider le cadre politique dans lequel s’inscrivent les relations sino-togolaises. Elles ouvrent des possibilités supplémentaires de dialogue, de coopération économique et de partage d’expériences, tout en renforçant les bases institutionnelles du partenariat.

Le développement territorial au cœur des échanges entre le Togo et la Chine
Les déplacements effectués dans les provinces chinoises du Shaanxi, du Fujian et du Guangdong ont permis d’élargir les échanges au-delà des institutions centrales. Le Président du Conseil a ainsi pu découvrir différentes expériences en matière de développement régional, de modernisation agricole, d’innovation et de gestion des infrastructures.
Cette dimension territoriale donne une portée supplémentaire au partenariat. Elle permet d’envisager une coopération associant les administrations, les collectivités, les établissements de recherche et les acteurs économiques, avec l’objectif de mieux relier les initiatives internationales aux priorités locales.
La technologie agricole, une opportunité pour moderniser les exploitations togolaises
La visite du parc de démonstration de l’agriculture intelligente à Yangling, dans le Shaanxi, a permis d’apprécier les possibilités offertes par les technologies modernes dans le secteur agricole. L’intelligence artificielle, la robotique et les systèmes numériques de suivi des cultures y sont mobilisés pour améliorer la gestion des exploitations et optimiser les rendements.
Pour le Togo, où l’agriculture occupe une place importante dans l’économie et les moyens de subsistance des populations, ces innovations présentent un intérêt particulier. Leur adaptation aux conditions nationales pourrait contribuer à accroître la productivité, à limiter les pertes après récolte et à renforcer la sécurité alimentaire.
L’enjeu ne se limite pas à l’acquisition d’équipements. Il concerne également la formation des producteurs, l’accès aux connaissances techniques et le développement de solutions adaptées aux réalités des exploitations togolaises. Une coopération associant recherche, accompagnement technique et investissements pourrait favoriser une agriculture plus performante et mieux intégrée aux chaînes de transformation.
La modernisation agricole représente aussi une possibilité de développer l’agro-industrie, d’améliorer la valorisation des productions nationales et de créer de nouvelles activités économiques dans les territoires. En ce sens, les enseignements tirés de l’expérience chinoise peuvent contribuer à nourrir les réflexions sur l’évolution du secteur agricole togolais.
La coopération numérique ouvre de nouvelles perspectives pour l’économie togolaise
Le volet technologique a occupé une place importante dans le programme de la visite, notamment lors de l’étape de Shenzhen. Le 16 octobre, un protocole d’accord stratégique a été signé entre le gouvernement togolais et Huawei Technologies. Il concerne plusieurs domaines, dont la transformation numérique, la connectivité, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et le renforcement des compétences.
Cet engagement intervient dans un contexte où les technologies numériques transforment les administrations, les entreprises et les méthodes de production. Pour le Togo, le développement de ces outils peut contribuer à améliorer l’accès aux services, à simplifier certaines procédures administratives et à favoriser l’émergence de nouvelles activités professionnelles.
Le renforcement de la connectivité représente également un enjeu pour les jeunes, les entrepreneurs, les étudiants et les entreprises, qui ont besoin d’un meilleur accès à l’information, aux compétences et aux marchés. L’intégration des solutions numériques dans les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, des transports et de la logistique pourrait aussi soutenir les efforts de modernisation de l’économie.
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Quinze instruments de coopération pour consolider les relations économiques et institutionnelles
Le séjour officiel a été marqué par quinze instruments de coopération, dont treize accords et mémorandums d’entente signés à Pékin le 15 octobre 2026, ainsi que deux autres mémorandums conclus au cours de la visite. Cet ensemble témoigne de la diversité des domaines dans lesquels Lomé et Pékin souhaitent approfondir leurs relations.
Sur le plan financier, un protocole d’accord relatif à l’annulation partielle de la dette togolaise a été signé. La coopération commerciale prévoit, pour sa part, le renforcement des procédures douanières à travers le programme des Opérateurs économiques agréés, associant l’Office togolais des recettes et l’administration douanière chinoise. Les engagements couvrent également l’industrie, les chaînes d’approvisionnement, le commerce numérique et le développement vert.
Dans le secteur agricole, un protocole relatif aux exigences phytosanitaires applicables au soja togolais destiné à l’exportation vers la Chine vise à encadrer l’accès de cette production au marché chinois. D’autres instruments concernent le développement des ressources humaines, le projet de construction du bâtiment du ministère togolais des Affaires étrangères et la coopération entre les institutions audiovisuelles chinoises et la Télévision togolaise.
La coopération décentralisée entre le Shaanxi et la région de la Kara, ainsi que la promotion de la coopération dans le cadre de l’Initiative pour la sécurité mondiale, complètent les engagements présentés au cours du séjour.
Par leur diversité, ces instruments ouvrent des perspectives dans les domaines de la finance, du commerce, de l’agriculture, de l’industrie, de la formation et des échanges institutionnels. Leur intérêt sera pleinement mesuré à travers les initiatives qu’ils permettront de mettre en place, les investissements mobilisés et les bénéfices qu’ils apporteront aux acteurs économiques et aux populations.
La mise en œuvre des engagements, prochaine étape du partenariat sino-togolais
Le bilan du séjour officiel met en évidence plusieurs acquis : le renforcement du partenariat politique avec la Chine, l’adoption d’une Déclaration conjointe, la signature d’un protocole d’accord avec Huawei Technologies et la conclusion d’un mémorandum de coopération décentralisée entre le Shaanxi et la région de la Kara. Les quinze instruments de coopération viennent compléter cet ensemble et élargissent les perspectives de collaboration entre les deux pays.
La prochaine étape consistera à transformer ces engagements en projets opérationnels. Cela suppose de définir les priorités, de préciser les modalités d’exécution, de mobiliser les financements nécessaires et de mettre en place des mécanismes de suivi. La participation du secteur privé, des collectivités territoriales, des établissements de formation et des acteurs de la recherche sera également essentielle.
Les retombées attendues concernent notamment la création d’emplois, le renforcement des compétences, l’amélioration de la compétitivité des entreprises et le développement de nouvelles activités productives. Il sera donc important d’évaluer régulièrement les résultats obtenus afin de s’assurer que les engagements pris répondent effectivement aux besoins du pays.
Cette démarche rejoint les ambitions de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031, qui place la modernisation économique et l’amélioration des conditions de vie au cœur des priorités nationales.