Identification biométrique : Le Togo, l’une des références du programme régional WURI

Les opérations d’enregistrement ont été achevées le samedi 26 septembre 2026, dans la région Centrale. Ainsi donc , le projet e-ID Togo franchit une étape décisive. Les chiffres sont très satisfaisants. Plus de six millions de personnes enregistrées, près de 5,9 millions de cartes produites. Ce qui confirme que  le Togo s’affirme comme l’une des références du programme régional WURI et aborde désormais un défi tout aussi structurant, celui de l’usage.

Une montée en puissance méthodique, région après région

Lancées en novembre 2024, les opérations d’enregistrement biométrique conduites par l’Agence Nationale d’Identification (ANID) viennent de s’achever dans la région Centrale, au terme de quatre semaines de déploiement dans ses cinq (05) préfectures. Cette étape s’inscrit dans une progression rigoureusement planifiée : après la région des Savanes, le District Autonome du Grand Lomé (DAGL), la région Maritime et la région des Plateaux, la région Centrale vient compléter un maillage qui couvre désormais la quasi-totalité du territoire national.

Ultime étape de ce parcours, la région de la Kara accueillera les équipes d’enregistrement d’octobre à décembre 2026. Le Togo sera alors en mesure de revendiquer une couverture nationale complète en à peine plus de deux ans, une performance d’autant plus remarquable au regard de l’ampleur logistique, humaine et technique qu’exige une opération de cette envergure.

L’e-ID Togo, un projet national prioritaire au service d’une ambition régionale

Projet prioritaire du Gouvernement, l’e-ID Togo s’inscrit dans le programme d’Identification unique pour l’intégration régionale et l’inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI, West Africa Unique Identification for Regional Integration and Inclusion), financé par la Banque mondiale en partenariat avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce programme vise à doter chaque personne résidant dans les pays participants d’une identité fondamentale fiable, reconnue par l’État et mutuellement reconnue à l’échelle régionale. Mis en œuvre d’abord en Côte d’Ivoire et en Guinée, puis étendu au Bénin, au Burkina Faso, au Niger et au Togo, il repose sur trois piliers : le renforcement des cadres juridiques et institutionnels, notamment en matière de protection des données personnelles ; la mise en place de systèmes d’identification fondamentale robustes et interopérables ; et l’utilisation de ces identifiants pour faciliter l’accès aux services publics et privés. Au-delà de l’inclusion sociale et financière, WURI constitue un levier majeur de l’intégration régionale, en soutenant la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire.

Une vue de l’identification sur le terrain

Sur le plan technologique, le Togo a fait le choix structurant de MOSIP (Modular Open Source Identity Platform), une plateforme d’identification à code source ouvert. Ce choix garantit à l’État la pleine maîtrise de son système, le prémunit contre toute dépendance à l’égard d’un fournisseur unique et favorise l’interopérabilité avec les autres systèmes nationaux et régionaux. Il traduit une conviction : l’identité numérique relève de la souveraineté nationale.

Des résultats qui placent le Togo parmi les références régionales

Entré dans le programme WURI lors de sa seconde phase, le Togo affiche aujourd’hui des résultats probants : un peu plus de six millions de personnes enregistrées, environ 5,9 millions de cartes imprimées, dont près de 80 % ont d’ores et déjà été remises à leurs titulaires. La distribution se poursuit sur l’ensemble du territoire. Chaque personne enregistrée se voit attribuer un Numéro d’Identification Unique (NIU), appelé à devenir la clé d’accès commune aux services de l’État et de ses partenaires.

Ces résultats prennent tout leur relief à l’échelle régionale. Parmi les pays participants, le Togo figure aux côtés du Bénin parmi ceux qui disposent aujourd’hui d’un système d’identification biométrique pleinement opérationnel, capable tout à la fois d’enregistrer les personnes, de générer un NIU et d’émettre une carte d’identification. Chaque pays progresse selon sa propre trajectoire et ses propres contraintes ; l’expérience togolaise, désormais éprouvée, a vocation à nourrir les échanges et la coopération entre pays de la sous-région.

L’inclusion pour boussole, l’usage comme prochain défi

Dès l’origine, l’ANID a fait le choix de la proximité. Des équipes d’enregistrement sont déployées jusque dans les villages et les hameaux les plus reculés, afin qu’aucun résident ne soit laissé de côté. La forte mobilisation observée dans la région Centrale témoigne de l’adhésion des populations à cette démarche et de la confiance qu’elles accordent au dispositif.

L’identité n’est toutefois pas une fin en soi : sa valeur se mesure aux services qu’elle permet d’atteindre. Le défi consiste désormais à faire de ce titre une véritable clé d’accès aux services sociaux de base. Deux conditions sont déterminantes : la présence effective des services publics dans les localités les plus éloignées, d’une part ; l’acceptation de l’e-ID par l’ensemble des prestataires, en particulier les institutions financières pour l’ouverture de comptes et la vérification de l’identité de leurs clients, d’autre part.

La pérennité du système constitue un autre enjeu. Au-delà de la campagne de masse, il s’agit d’assurer un enregistrement continu, afin d’intégrer les nouvelles générations et les personnes qui n’ont pu se faire enregistrer, et de maintenir ainsi à jour un registre fiable dans la durée.

Vers une administration modernisée, centrée sur le citoyen

Résolument inscrit dans la modernisation des services publics, l’e-ID a vocation à devenir le moyen privilégié d’interaction entre le citoyen et l’administration. Cette ambition suppose le déploiement, sur l’ensemble du territoire, d’outils de vérification et d’authentification permettant aux administrations comme aux opérateurs privés de s’appuyer sur l’e-ID dans leurs procédures quotidiennes.

Dans cette perspective, une synergie étroite avec les communes est indispensable. Premier guichet de proximité et dépositaires de l’état civil, les mairies occupent une place déterminante pour ancrer l’e-ID dans le quotidien des populations et en assurer l’extension durable.

En menant à bien, en un temps record, l’enregistrement de la quasi-totalité de sa population, le Togo a posé les fondations d’une infrastructure publique numérique moderne, inclusive et souveraine. Reste à franchir une étape tout aussi exigeante : faire de l’e-ID un réflexe quotidien, au bénéfice de chaque citoyen.

@LEMEDIUM

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