REAJUSTEMENT DES PRIX A LA POMPE : Adapter les dépenses aux capacités réelles de l’Etat

Un adage populaire dit : « La plus belle fille au monde ne peut donner que ce qu’elle a ». Le gouvernement togolais, dépité, peut prononcer cette maxime, la mort dans l’âme, au moment où il annonce une nouvelle hausse des prix du carburant. Dans la sous-région ouest-africaine, ils étaient deux, le Togo et le Bénin, à résister face à la conjoncture internationale en lien avec les évènements du détroit d’Ormuz qui font flamber le prix du baril du pétrole. En ce 11 Septembre 2026, la résistance du Togo est tombée.

En effet, face aux tensions persistantes sur les marchés énergétiques internationaux, la question du prix des carburants revient au premier plan au Togo. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est double : préserver le pouvoir d’achat des ménages et limiter les effets inflationnistes d’une éventuelle hausse à la pompe, sans pour autant compromettre l’équilibre des finances publiques.

Pendant plusieurs mois donc, le gouvernement togolais a absorbé une partie de la hausse grâce aux subventions. Cette politique a permis de limiter l’impact immédiat sur le pouvoir d’achat. Mais le 27 mai 2026, les prix ont été réajustés. Le super sans plomb est passé de 680 à 725 FCFA le litre et le gasoil de 695 à 750 FCFA. Trois mois plus tard, un nouvel ajustement qui porte le prix du super sans plomb à 817 FCFA, au grand dam des consommateurs, désemparés.

Pour le gouvernement, les inquiétudes exprimées par les populations suite à cette nouvelle hausse est compréhensive. Car dans une économie où le transport routier joue un rôle essentiel dans la mobilité des personnes et l’acheminement des marchandises, une hausse du carburant peut rapidement se diffuser à l’ensemble du tissu économique. Une augmentation du coût du carburant renchérit le transport, puis les coûts logistiques, les dépenses de production et, in fine, le prix des biens et services. Le carburant devient alors un vecteur de transmission du choc pétrolier à l’ensemble de l’économie. Les autorités en sont conscientes.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle depuis bien longtemps, l’Etat togolais a recours à la subvention de ces produits pétroliers, maintenant des prix à la pompe raisonnables. Mais il ne saurait le faire indéfiniment face à la forte volatilité des cours du baril, à la hausse du fret et aux fluctuations du dollar qui renchérissent le coût des importations énergétiques.

Car, maintenir durablement les prix subventionnés du carburant devient alors difficile pour des pays comme le Togo qui disposent des ressources limitées. Les sommes consacrées aux subventions peuvent atteindre des niveaux importants et réduire les ressources disponibles pour d’autres priorités : santé, éducation, infrastructures ou investissements productifs.

Un choix cornélien survient : si l’Etat subventionne massivement, ses finances sont mises sous pression. Si les consommateurs supportent toute la hausse, leur pouvoir d’achat diminue. Les entreprises, elles, doivent composer avec des coûts de transport et de production plus élevés. Aussi, comment protéger les ménages les plus vulnérables sans subventionner indistinctement tous les consommateurs ? Voilà autant de situations qui exposent les gouvernants à des choix cornéliens.

Le Togo illustre ce dilemme. Pendant plusieurs mois, l’État a absorbé une partie de la hausse internationale grâce aux subventions avant de procéder, le 27 mai 2026, à un premier réajustement de prix, et ce 11 Septembre à un deuxième réajustement.  Ces réajustements des prix permettent alors de rétablir une partie de l’équilibre.  La bonne stratégie alternative consisterait à laisser progressivement les prix refléter les coûts réels. Mais il doit être accompagné de mesures destinées à limiter son impact sur les ménages et les secteurs productifs.

Le Togo doit désormais tirer les leçons de cette crise : mieux anticiper les chocs, diversifier davantage ses sources d’énergie à partir des centrales solaires comme celle de Blitta et renforcer les mécanismes de protection sociale.

Pour le moment, on susurre dans les milieux autorisés que l’Etat va augmenter sa subvention à la société SOTRAL, des exonérations de taxes aux transporteurs pour éviter l’augmentation des prix des transports publics et privés.

@LEMEDIUM

 

Partagez sur :

Découvrir plus

Rentrée Scolaire 2026-2027 : Le Projet SWEDD+ Togo lance une vaste campagne nationale de distribution de kits scolaires destinée à plus de 150 000 filles des établissements publics

51è édition du Symposium mondial du nucléaire (WNS 2026) : Faure Gnassingbé à Londres

TOGO-CONSEIL DES MINISTRES : Le décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale de régulation du médicament et autres produits de santé, adopté

PROTECTION DES PERSONNES HANDICAPÉES : LE TOGO ADOPTE UN PROJET DE LOI EN CONSEIL DES MINISTRES