Participant au Forum 2026 sur les fragilités organisé par la Banque mondiale, la Ministre-Secrétaire Générale de la Présidence du Conseil, Dr Sandra Ablamba Johnson, a partagé au cours de la session, la stratégie structurante à trois volets mise en œuvre par le Gouvernement sous le leadership du Président du Conseil pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent.
Il s’agit notamment du volet de la prévention qui repose sur une architecture intégrée d’alerte et de réponse rapide à travers le Comité Interministériel de Prévention et la Lutte contre l’Extrémisme Violent et le mécanisme d’Alerte Précoce pour la Prévention et la Lutte contre l’Extrémisme; du volet de la riposte militaire à travers l’opération « Koundjoaré” pour une réponse opérationnelle des Forces armées togolaises face à la menace terroriste et aux incursions extrémistes au nord du pays; et du volet du renforcement de la résilience socio-économique à travers le vaste Programme d’urgence pour le renforcement de la résilience et la sécurité des communautés (PURS) auquel contribuent différents projets dont le projet de Cohésion Sociale des Régions Nord du Golfe de Guinée (COSO) et des financements additionnels IDA 20 mobilisés au guichet pour la prévention et la résilience (PRA).
Il faut préciser qu’au Togo, la prévention ne peut pas être uniquement militaire. Elle repose sur une action simultanée sur les causes structurelles de la fragilité.

Pour Sandra Ablamba Johnson, « La situation au Sahel nous enseigne que les crises naissent de l’accumulation de vulnérabilités : pauvreté, exclusion sociale, déficit de services publics, inégalités territoriales et perte de confiance envers l’Etat ». Elle a ajouté également que « L’expérience du Sahel montre que là où l’Etat est absent, les vulnérabilités s’installent et les groupes extrémistes s’enracinent ».
Raison pour laquelle le Togo a fait le choix de renforcer la présence de l’Etat par l’investissement public dans les territoires vulnérables.
Notons qu’à travers le projet COSO par exemple, il a été réalisé plus de 830 infrastructures communautaires bénéficiant à plus de 545 000 personnes, dont une majorité de femmes dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’eau et de l’énergie.
Au Togo, la prévention n’est pas que militaire. Elle repose sur une action simultanée sur les causes structurelles de la fragilité, y compris la création d’emplois pour les femmes et les jeunes. En conclusion, l’expérience du Togo montre clairement que la prévention est aujourd’hui l’investissement le plus rentable pour préserver durablement la paix, la stabilité et le développement.
Pour rappel, la session avait pour objectif d’examiner la nature des réformes susceptibles de modifier ou de renforcer les trajectoires, essentielles pour soutenir les efforts de prévention des fragilités, conflits et violence ainsi que les défis liés à leur définition et à leur mise en œuvre.
Dr Sandra Ablamba Johnson avait comme co-panélistes Ousmane Diagana, Vice-Président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’oueste t du centre ; Abdellah S. Cheikh Sidiya, Ministre des affaires économiques et du développment, Gouverneur pour la Mauritanie ; Bakary Sambe, Chercheur à l’institut Tombouctou et Leonardo Santos Simao, Représentant spécial et Chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’ouest et du sahel.

De façon spécifique, la session s’est appesantie sur les leçons tirées sur la crise au Sahel et a porté sur (i) ce qui fonctionne pour la prévention et l’anticipation des risques avec la prise en compte du spectre de la prévention en amont en Mauritanie à l’atténuation des risques au Togo ; (ii) les stratégies nationales de prévention et (iii) les défis de mise en œuvre des réformes et le rôle du soutien des partenaires techniques et financiers.
Comme leçons tirées de la crise au Sahel, il faut (i) agir tôt et de manière proactive pour prévenir l’aggravation des conflits et violence en s’appuyant sur des données quantitatives et qualitatives de qualité pour des analyses ; (ii) renforcer les investissements socio-économiques pour bâtir un « Etat protecteur » ; (iii) assurer la présence de l’Etat sur le territoire et (iv) renforcer la synergie entre l’appropriation locale et les interventions des partenaires techniques et financiers avec la prise en compte des réalités locales dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des programmes de développement.
Le Forum 2026 sur les fragilités est organisé dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de prévention des fragilités, conflits et violence et dans le contexte de la transformation économique, sociale et sécuritaire en Afrique de l’ouest et du sahel centre avec comme cas d’école le Togo et la Mauritanie en termes de prévention à travers des stratégies de renforcement de la résilience socio-économique des communautés. L’édition 2026 du Forum a porté sur le thème : « Soutenir la prévention dans les pays à risque : leçons tirées du Sahel ».
Crédo TETTEH