L’environnement géopolitique mondial et particulièrement africain impose aujourd’hui de la stratégie. Il n’est plus question de naviguer à vue dans l’échelle des relations internationales. Il faut disposer de tous les outils d’analyses et surtout d’anticipation s’il le faut.
Pour arriver donc à déjouer les pièges du diable, de l’ennemi ou de l’adversaire politique, il est très important de se donner des stratégies. La stratégie par concept ou définition est cette aptitude à diriger.
En se référant au domaine militaire, on peut aussi définir une stratégie comme l’art de diriger les opérations militaires afin de vaincre un ou plusieurs ennemis sur le champ de bataille, synonyme ici de rivalité, de compétition, de lutte. Et dans le domaine politique où tous les coups se donnent et s’entremêlent, il est plus qu’urgent de s’armer de stratégies, de bonnes pour se sortir d’affaire et épargner à son entourage les affres d’une quelconque ambition démesurée soit-elle ou motivée vraiment ailleurs.
Avec l’an 1 de l’effectivité du régime parlementaire au Togo ou de la cinquième République qui avance surement et lentement, l’on doit se poser les bonnes questions, sans filets, sans attaches.
N’était-ce pas ingénieux de la part de nos dirigeants d’alors d’avoir œuvré pour l’effectivité d’un régime parlementaire qui n’est pas du tout une mauvaise chose, un mauvais schéma politique ?
En voulant continuellement interroger le comment de la Cinquième République, au prime abord il faut s’adresser au pourquoi ? Pourquoi donc arriver à une Cinquième République au Togo ?
L’avènement de la Cinquième République au Togo fut une pilule très amère pour certains esprits, certains réseaux, certaines idées obscurcies qui assurément avaient d’autres plans d’exécution et d’évolution.
Pour rappel, aux premières heures des renversements militaires intervenus dans les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et particulièrement dans la crise entre la CEDEAO et le Niger du Général Tiani, le Togo ne s’était pas inscrit dans une dynamique de force. Au contraire, le Togo sensibilisa ses pairs de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEDEAO sur la nécessité de chercher à comprendre les mobiles des situations politico-militaires dans ces trois pays. Le Togo fut incompris et traité de tous les noms d’oiseau. Cette sorcellerie politico-diplomatique à l’échelle exponentielle n’avait pas pu émousser la position du Togo. La stratégie du Togo tenait toujours bon. Il faut avoir l’art de diriger pour comprendre certaines choses. Demeurer dans une logique de servitude, de plaire absolument au Maître était dans cette situation rétrograde. Il fallait oser et expérimenter autre manière de penser, de réfléchir, de réagir et d’agir. Tout ceci ne saurait être fait dans la précipitation et sous le coup de l’émotion. Il ne fallait surtout pas agir comme des moutons de panurge. Il fallait être bien évidemment réfléchi. Et justement nos Dirigeants étaient réfléchis et bénéficiaient de l’accompagnement du Saint Esprit. Le vrai Esprit Saint qui agissait dans la douceur et n’était sous l’emprise d’aucune puissance occidentale ou étrangère. Bref, il nécessitait en ces temps de jouer un son agréable à l’oreille, pas une cacophonie. Il nous fallait, à l’humanité, une musique soutenue par une portée avec des notes et sons justes et parfaits. Une musique avec des clés de lecture et de notes. Et non des notes qui viseraient exclusivement à étouffer les pays de l’AES par une indisponibilité du Togo, du Port du Togo.
Motivés par l’envie et le désir d’avoir des notes musicales agréables à l’oreille, les Dirigeants togolais n’avaient donc pas droit à l’erreur. Au besoin, ils devaient employer des tamis pour sélectionner les idées à traduire en actions et positions. Ce qui fut fait au grand désarroi des émotifs qui utilisaient d’autres canaux de pressions parce que devant plaire à tout prix au Puissant Maître. Heureusement que dans le cas d’espace, il n’était pas question du Grand Architecte, donc les stratégies étaient discutables.

L’amabilité du Togo envers les pays de l’AES qui lui couta des aversions….
Au temps fort des crises ayant secoué ces pays où la position du Togo était de privilégier l’écoute et le soutien, donc de ne pas aller au front contre le Burkina, le Mali et le Niger, la position des Dirigeants togolais était mal comprise. Il fallait, pour les valets locaux et le Maître, que le Togo s’aligne les yeux bien fermés sur « la décision » ou « la volonté » du Puissant qui se voyait diminué. Heureusement une fois encore, les Dirigeants togolais n’avaient pas tremblé et chuté. Ils tenaient bien la barque face aux assauts du vent, de l’air. Cela bruissait même la vague. Et la vague émettait un son, un bruit retentissant appelant à lâcher prise pour s’aligner du côté de ceux qui se voyaient perdre de leur suprématie.
Malgré donc, toutes les campagnes développées, le Togo a tenu. Le Togo n’a pas fléchi. Le Togo n’a pas épousé la stratégie de la force. Au contraire, les Dirigeants de ce pays appelaient toujours à des actions concertées mais réfléchies. Le Togo s’inscrivait donc dans la durée, dans le temps. Bref, il n’était pas question de brûler les étapes juste pour faire plaisir à une puissance. Il fallait plutôt privilégier un plaisir qui nous procurerait après, un bon moment de jouissance collective. Pas un moment de regrets sournois. Le Togo fut incompris tout simplement ; Du moins ses Dirigeants. D’où, il fallait du coup de l’intérieur le détruire pour n’avoir pas pensé faire la coupole gratuitement aux Etats de l’AES.
Un moment de crise à utiliser contre le Togo
Dans la foulée de recherches des voies et moyens pour une résolution efficace des crises nées des renversements militaires au Mali, au Burkina et au Niger, se traçait la ligne des élections plurielles au Togo. Belle occasion donc pour ceux et celles qui s’étaient sentis « trahis » par la rigidité de la position togolaise dans le dossier de l’AES.
Il était obligatoirement question et dans l’agenda de rendre la monnaie au Togo, du moins au pouvoir politique dirigeant pour n’avoir pas suivi les « orientations » du Maître. Belle opportunité donc d’armer et d’outiller une certaine classe politique et d’acteurs de la société civile et même certains professionnels des médias pour pourrir l’atmosphère avant, pendant et après les élections ; Il fallait donc avoir un seul message : mettre le maximum de pression pour l’organisation effective des élections en 2025. Belle occasion pour rééditer le plan qui a valu le pouvoir à Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire avec les conséquences de droit qu’on connait tous. M
Mais c’était sans compter avec la bénédiction divine sur notre pays le Togo. Tout a lamentablement échoué. Par pure grâce, le pouvoir en place a su rapidement et avec ingéniosité épargner au Peuple togolais les douleurs et les affres en préparation. La fête n’a donc pas eu lieu. Bref, la fête électorale qui devait servir d’argument pour tout saccager et faire payer au Togo, plus précisément à ses Dirigeants leur non alignement sur les stratégies de pourrissement de vie à l’AES, n’a pas eu lieu. Et tant mieux pour la Terre de nos Aieux.
Les Dirigeants togolais ont opté par inspiration ingénieuse pour un régime parlementaire. Faisant ainsi lamentablement échec aux projets sordides et mesquins. Grand désarroi donc dans le camp de ceux des Togolais qui ont participé à toutes les stratégies pour causer du tort à leur propre pays.
L’activiste de la société civile qui avait « le vent en poupe » fut désillusionné. Ses soutiens politiques ici et ailleurs également. Que faut-il faire alors ? Il faut tout noircir et raconter à tout vent les méfaits du régime parlementaire, critique son avènement tout en faisant économie de la vérité. L’essentiel c’est de forcer les choses. Car les financements étaient déjà définis et les bénéficiaires désignés. Il restait seulement de vivre la période électorale pour valider les gains. Des bénéfices diaboliques. Heureusement encore et toujours, le vrai Togo avait anticipé sur tout. Le pouvoir politique avait anticipé. Pour le bien du pays, la Terre de nos Aïeux.
Joyeux anniversaire à la Cinquième.
Crédo TETTEH