Au cours des cinq dernières années, près de 3 000 milliards de FCFA ont été consacrés aux investissements publics, dont une part significative aux infrastructures. Ceci traduit une vision de long terme visant non seulement la modernisation du pays, mais également l’émergence d’entreprises nationales solides, capables de s’imposer dans la sous-région.
Le 12 février 2026 à Lomé, une rencontre sectorielle du Comité de Concertation État–Secteur Privé (CCESP), consacrée aux acteurs du BTP a permis des échanges francs et directs entre ministres, représentants des départements ministériels, PRMP et professionnels du secteur des BTP.
Il est dit que les infrastructures constituent le socle du développement économique et social d’un pays. Elles conditionnent la croissance, la compétitivité et l’amélioration du niveau de vie des populations. « Au Togo, le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) joue un rôle stratégique dans la modernisation des infrastructures nationales et dans la dynamique d’émergence du pays », affirme-t-on.
Cependant, malgré les efforts engagés ces dernières années, le secteur demeure confronté à des défis importants : retards d’exécution, chantiers inachevés ou abandonnés, insuffisances dans la qualité des études et du contrôle, difficultés structurelles liées aux marchés publics.
A en croire Essowè Barcola, le ministre des Finances et du Budget, le constat préoccupant d’autant que de nombreux marchés dans le domaine des BTP connaissent des retards, des abandons ou des insuffisances qualitatives. Son homologue Sani Yaya a insisté sur la nécessité d’un diagnostic rigoureux et d’une réforme approfondie des pratiques. Il a mis l’accent sur : l’amélioration de la qualité des études techniques en amont ; le renforcement du contrôle des travaux ; l’application du principe de « l’offre économiquement la plus avantageuse » plutôt que la logique systématique du moins-disant ; la formation accrue des acteurs ; un dialogue renforcé avec les banques afin d’améliorer le financement des entreprises du secteur.
De son côté, le ministre Kodjo Adedze a rappelé que les dysfonctionnements observés engagent des responsabilités partagées entre l’État et les entreprises. Il a souligné les efforts réalisés pour renforcer le cadre juridique de la commande publique et a insisté sur l’obligation collective de livrer des ouvrages conformes à la vision d’une’’ République des résultats’’.
À l’issue des échanges, plusieurs recommandations structurantes ont été formulées : faire réaliser par les autorités contractantes un état de lieu complet de tous les marchés en souffrance ; réaliser un audit pour les marchés abandonnés ; renforcer les mécanismes de sanctions ; mettre en place une commission mixte Etat – Secteur des BTP pour traiter les problèmes structurels du secteur des BTP (conflits d’intérêt, préférence nationale, offres sous évaluées, renforcement de capacité des deux parties etc..). « Ces propositions s’inscrivent dans la dynamique de la Cinquième République, qui exige davantage d’efficacité, de responsabilité et de résultats concrets à tous les niveaux », soutient-on au gouvernement.
Pour les autorités, la rencontre marque ainsi une nouvelle étape importante pour le Comité de Concertation Etat Secteur Privé (CCESP) en ce début d’année 2026, après le lancement du comité régional à Kara en janvier dernier, et confirme la volonté commune de renforcer la performance, la qualité et la gouvernance du secteur des BTP au Togo.
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