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1 février 2023

OPPOSITION TOGOLAISE : Les bisbilles enfantines qui emportent le CST et l’Arc-en-Ciel

Le spectacle offert gracieusement par l’opposition ces derniers jours démontre une fois de plus qu’elle est le boulet que le pays traine depuis un quart de siècle. Il est tout simplement dommage que cette opposition livre ce spectacle désolant aux yeux du monde entier. Les querelles intestines qui refont surface à l’approche de la présidentielle de 2015 sont l’illustration de l’hypocrisie dans laquelle cette classe politique de l’opposition baigne depuis la formation des collectifs et des coalitions.

Ils étaient nombreux, ceux qui pensaient que ces regroupements ne sont que des ”trompe-œil ” au moment de leur formation, car connaissant bien leurs animateurs. D’ailleurs, le clash survenu entre l’ANC et l’ADDI ne surprend que ceux qui croyaient à ce feu de paille qu’est le Collectif Sauvons le Togo. Les deux partis ont lavé leurs linges sales en public devant leurs militants médusés qui avait perdu leur latin. Chacun y est allé à sa manière et à ses explications.

ADDI et l’appétit glouton de l’ANC
Dans cette affaire, c’est l’Alliance des Démocrates pour un Développement Intégral (ADDI) qui se trouve être le dindon de la farce. La pilule était très dure à avaler pour l’honorable Nagbandja Kampatibe, président d’honneur de l’ADDI.
“Notre accord a été violé par nos amis de l’ANC, qui sont allés en conciliabule avec UNIR (Union pour la République/au pouvoir). Je pense que les uns et les autres perçoivent la gravité de l’enjeu”, a-t-il dit. Qu’espérait-il ? On a de la peine pour ce vieux politicien et son parti qui se sont fait ni… de la sorte par les esprits plus futés, plus roublard de l’ANC. Pour dîner avec le diable, mieux vaut avoir une cuillère très longue. L’ADDI vient de l’apprendre à ses dépens.
La leçon à tirer de cette crise, si crise il y a, est que l’ANC, elle, savait depuis la constitution du CST, où ses actions devraient aboutir. Les explications fournis par la vice-présidente de l’ANC Isabelle Améganvi en disent long sur les intentions de ce parti vis-à-vis de ses partenaires politiques. Ces intérêts passent avant ceux de ses partenaires. ” On ne peut pas accuser l’ANC qui a 16 députés et qui n’a que 3 places à la CENI alors que Arc-en-ciel par exemple qui a 6 députés compte 3 représentants à la CENI “, avait déclaré Me Améganvi pour justifier la forfaiture de son parti. Voilà qui mérite d’être clair pour tout le monde.
Tous ceux qui ont eu affaire à l’ANC depuis sa création se sont mordus les doigts. OBUTS et son président Agbéyomé Kodjo peuvent en témoigner. Ce dernier ne s’est toujours pas remis du coup que le parti orange lui a porté lors des législatives de 2013.

Coalition Arc-en-ciel, pas mieux
Gerry Taama, l’un des acteurs de la coalition Arc-en-Ciel disait avoir perdu la foi en regardant le spectacle offert par ses amis. A nos confrères de Savoirs News, il enfonce le clou
”En réalité, rien de nouveau. Ça fait un bon moment que nous sommes sous l’œil du cyclone. Que ce soit pour l’affaire de l’élection d’un candidat unique de la coalition, le retrait du MCD, la sortie médiatique du président Kagbara, ou la cacophonie sur l’interprétation des objectifs du conclave, il y a depuis trois mois un mauvais climat à la coalition Arc-en-ciel.
Mais jusqu’à ce jour, nous arrivions au moins à nous retrouver et discuter. Ensuite, et je le dis parce que c’est dans la presse depuis deux jours : il y a eu une rupture de communication depuis la dernière rencontre du conclave, le 26 août je crois, entre le CAR et le reste de la coalition. Comme vous le savez, dès le début du mois de juillet, la coalition Arc-en-ciel avait conditionné sa participation à la CENI aux clarifications sur le statut de l’opposition. En réalité, cette position n’était pas celle de l’ensemble des partis de la coalition, mais celle du bureau politique du CAR. Mais par solidarité, et pour ne pas justement donner le spectacle que nous donnons actuellement, nous n’avions pas rendu publiques nos divergences.
” Il m’en coûte, de vous parler de nos différends à la coalition arc-en-ciel, si nos amis du CAR n’avaient pas décidé de couper les ponts, ne répondant pas aux appels et autres messages du reste des membres de la coalition.
Je ne pense pas que nos différends auraient été rendus publics, car comme je le dis : cette situation dure depuis le début du mois de septembre, et c’est n’est que le 22 que ça a ébruité, suite peut être aux discussions houleuses que nous avons eues lors de notre réunion. Et pour avoir cette réunion, nous avons dû envoyer un délégué spécial.
L’ADDI aussi se plaint du manque de communication. Je pense que c’est dans ce domaine qu’il nous manque un groupe de sages, capables de ramener à la raison tout le monde sans faire du bruit. Nous creusons, par nos petites querelles, la tombe de nos échecs à venir” conclut-il.
Après avoir entendu ces propos, on peut aisément se faire une idée de l’opposition togolaise, celle qui aspire à prendre les rennes du pouvoir en 2015.
Ali SAMBA

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LE GOUVERNEMENT DOIT FAIRE BAISSER LES PRIX DES PRODUITS PETROLIERS A LA POMPEPlus de doute. Le gouvernement togolais doit procéder à la baisse des prix des produits pétroliers à la pompe. Aucun argument ne saurait encore tenir vis-à-vis des populations des villes et villages du Togo qui risquent de rendre la monnaie de cette volonté du gouvernement de se sucrer sur son dos. Le baril à 65 Dollars, c’est du jamais vu depuis 2008. Alors quoi qu’il en coûte à certains togolais, qui eux ne triment pas et ne connaissent pas les conséquences désastreuses de l’actuel prix pratiqué à la pompe, la baisse des prix de l’essence et ses corollaires à la pompe est impérieuse. Selon les estimations publiées hier, la tendance à la baisse annoncée depuis plus de 5 mois déjà se confirme et va se poursuivre. L’activité économique en Chine et Asie sont propices à cette tendance baissière de l’or noir. Et partout dans le monde, les industriels, les commerçants et surtout les consommateurs se frottent les mains. La baisse du cours du pétrole brut, entraine forcément celle des produits dérivés raffinés et c’est le consommateur qui en profite. Mais il semble que chez nous, nous vivions sur une autre planète et que cette actualité de la baisse des prix du baril ne nous regarde pas et ne nous intéresse même pas. Les tentatives hasardeuses de la ministre du commerce pour expliquer le refus du gouvernement de procéder à l’ajustement des prix ne convainquent personne, à commencer par elle-même quand on voit la difficulté avec laquelle elle joue à l’équilibriste. Le dollar, la commande et la subvention Depuis que la tendance à la baisse du prix du pétrole brut a été annoncée et après moult hésitation, la ministre du commerce a fait une première apparition à la Télévision Nationale pour essayer d’enrober les togolais. Expliquant les raisons qui poussent le gouvernement à refuser de pratiquer la vérité des prix, Bernadette Léguézim-Balouki indexait le dollar qui est à la hausse. ”En même temps qu’on observe cette baisse des prix du baril, il faut noter aussi la hausse du dollar ce qui fait que là où on pense gagner, on le compense ailleurs puisque le dollar est cher”, disait-elle sur la TVT. Quelques semaines plus tard, se rendant compte que l’argumentaire du dollar cher ne pouvant plus tenir, c’est sur la période de commande qu’elle jette son dévolu. Selon Mme Bernadette Léguézim Balouki, l’Etat togolais ne saurait procéder à la baisse des prix des produits pétroliers parce que les dernières commandes ne sont pas encore épuisées, lesquelles commandes auraient été effectuées au mois d’Août. Qu’à cela ne tienne. Même si c’était au mois d’Août, le prix à la pompe devrait connaitre un frémissement à la baisse d’autant que déjà au mois d’août, les prix du brut connaissaient déjà une baisse. Dépassée par les évènements qui donnent raison aux organisations de la société civile, la ministre sort une autre flèche de son carquois : l’Etat togolais continue de subventionner les produits pétroliers. Oh Dieu ! A moins que la ministre ne prenne les Togolais pour des imbéciles, aurait-elle déjà oublié les raisons que le gouvernement avançait en Janvier 2014 quand il procédait à la hausse des prix des produits pétroliers ? Ceux qui avaient suggéré et même imposé cette mesure au gouvernement ont reconnu que l’Etat ne subventionne plus le carburant. Certains ministres dont nous taisons les noms pour le moment l’ont confirmé haut et fort. C’est pour cette raison qu’à une question qui lui est posée dans ce sens, le représentant du FMI au Togo, Monsieur Werner Keller a indiqué que s’il y a baisse du prix du baril, cela devrait se ressentir sur le prix à la pompe. D’où est ce que la ministre Bernadette Léguézim-Balouki sort elle encore cette histoire de subvention qui s’élèverait à 13 Milliards de F CFA ? Soyons sérieux ! Transparence et Vérité des prix ”Si l’ATC veut être invitée le jour de l’ouverture des offres, qu’à cela ne tienne” ; c’est la réponse que dame Leguezim Balouki a pu donner aux revendications plus que légitimes de l’Association togolaise des consommateurs qui voulait en savoir un peu plus sur la manière dont se passe la transaction quant à la commande des produits pétroliers. Dans un communiqué de presse rendu public, l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC), estimant que le gouvernement doit œuvrer pour la pratique d’une bonne gouvernance et la transparence dans la commande publique, a exigé du gouvernement la publication de la liste des traders ou compagnies soumissionnaires aux appels d’offres des produits pétroliers. Pour une question de transparence, l’ATC a exigé aussi du Gouvernement la publication de la fréquence, du volume et des coûts des commandes des produits pétroliers qui doivent être portées à la connaissance de la population Togolaise car il s’agit d’une commande publique faite avec de l’argent du contribuable. Si madame la ministre a cru dire que l’ATC peut participer à l’ouverture des offres, elle n’a pas dit mot sur les autres revendications de l’Association des consommateurs qui visent surtout la transparence. Il serait intéressant que madame la ministre nous dise le volume des produits pétroliers commandé par l’Etat togolais depuis la dernière hausse. Une chose est de dire que l’Etat a subventionné à hauteur de 13 Milliards de nos francs. Une autre est dire combien de bénéfices l’Etat en a tirer et quel montant a-t-on déboursé par an. Ce sera aussi la transparence dont parle souvent le Premier Ministre. 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