La Vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Larbi TCHINTCHIBIDJA à travers le département Développent du Capital Humain et le Centre Genre et développent de la CEDEAO se préoccupent de la question de la promotion politique de la femme et de son positionnement pour les postes de décision.
Une opportunité pour l’équipe de présenter les résultats de ses travaux au cours de cette rencontre du 17 au 20 février. Il sera également question pour les représentants des Etats membres (experts et ministres en charge des affaires sociales) de contribuer aux travaux de recherches qui leur seront présentes par les consultants.
Il faut préciser que malgré les dispositions de l’Acte additionnel de 2015, un instrument régional engageant les États à promouvoir l’égalité femmes-hommes dans les secteurs et politiques, incluant la gouvernance, certains Etats membres peinent encore à la mettre en œuvre.
Toutefois, des efforts sont à reconnaître par les mesures temporaires spéciales (quotas/parité) notamment au Sénégal (la loi de parité a instauré la parité dans les institutions électives et impose des exigences sur les listes ; la règle est adossée à un cadre constitutionnel et juridique), au Cap-Vert (obligation de composition des listes à au moins 40% de femmes ou d’hommes (loi de parité approuvée en novembre 2019) selon la base de données parlementaire UIP, au Ghana (adoption d’un instrument d’action affirmative (2024) visant une représentation progressive et équitable des femmes dans les fonctions publiques et postes décisionnels (texte du projet/acte diffusé publiquement), et au Benin (le cadre juridique impose une liste de candidatures féminines pour les postes a l’assemblée nationale. Ce qui permet d’avoir au minimum 24 femmes sur les 109 députés que compte cette institution).

Des barrières persistent cependant
Malgré les efforts reconnus dans certains Etats, plusieurs barrières freinent l’accès réel des femmes aux postes de décision : Financement politique et coûts de campagne élevés, systèmes de parrainage/clientélisme, dépenses de sélection interne aux partis, violences, intimidation et harcèlement, y compris en ligne, qui dissuadent l’engagement et augmentent le coût social de la candidature (problème documenté dans de nombreux pays et de plus en plus pris en compte dans les réformes), normes sociales, répartition inégale du travail domestique, accès limité aux réseaux d’influence, biais médiatiques, faible accès aux “viviers” menant aux fonctions électives : leadership local, syndicats, organisations professionnelles, administrations, comités stratégiques.
Notons tout de même que cette rencontre régionale qui est l’une des activités de commémoration du cinquantenaire de la CEDEAO permettra aux participants de réfléchir sur les mesures concrètes à prendre pour accroître la représentation des femmes dans les institutions élues (parlements, conseils locaux) par des règles de quotas/parité assorties de sanctions, élever la part des femmes dans les postes nominatifs de décision (gouvernements, cabinets, autorités indépendantes, entreprises publiques), réduire les obstacles financiers, sécuritaires et socioculturels à la candidature et au leadership et mettre en place un dispositif CEDEAO de redevabilité : données, indicateurs, comparaisons, mécanismes d’alerte.
Crédo TETTEH