Date du jour : 

6 décembre 2022

AG BANQUE MONDIALE/FMI : Agenda bien rempli pour Faure Gnassingbé à Washington

Invité spécial des assemblées générales des institutions de Bretton Woods, qui s’achève cette semaine à Washington, Faure Gnassingbé et la délégation qui l’accompagne ont eu des discussions avec les 1ers dirigeants de ces institutions, et d’intenses travaux avec plusieurs structures et experts de l’économie mondiale, notamment, avec la directrice du Millenium Challenge, Mme Alice Albright.

Le programme seuil, mis en œuvre dans le pays et qui vise l’amélioration du régime foncier et la promotion du numérique au Togo,  était au centre des débats.

A propos du numérique, Faure Gnassingbé a partagé l’expérience du Togo à Washington, des technologies numériques qui ont d’ailleurs contribué effectivement au renforcement de la résilience économique durant la crise sanitaire de la Covid-19.

Le Togo a été une référence en la matière, avec la mise en place du programme NOVISSI, le mécanisme de transfert monétaire pour soutenir tout citoyen impacté par les mesures de riposte à la pandémie. Le chef de l’Etat a exposé l’ambitieux projet de digitalisation de son pays, ”Togo Digital 2025”, qui a mobilisé d’importants investissements pour la réalisation d’infrastructures numériques des plus modernes. Il a fait savoir que le Togo a bâti sa stratégie digitale autour de trois axes fondamentaux, en lien avec la feuille de route gouvernementale Togo 2025 : la réalisation des infrastructures numériques, la digitalisation des services publics et le projet de l’écosystème digital. ” Je me réjouis de l’intérêt porté à l’expérience togolaise du déploiement d’une solution digitale de solidarité et d’inclusion sociale, au début de la pandémie de Covid19, et à notre stratégie Togo Digital 2025 “, a dit Faure Gnassingbé. Il a tout de même ajouté que, malgré la volonté politique, cet ambitieux programme nécessite d’importants investissements. Pour le chef de l’Etat, le secteur privé doit être mis à contribution dans une dynamique d’un partenariat public-privé, pour permettre au numérique de jouer son rôle de moteur de développement.

Lors de la visite au siège de la Société financière internationale, Le Président de la République a conversé avec le Directeur général Makhtar Diop. Les discussions entre les délégations ont permis de faire l’état de la coopération et d’évoquer les perspectives incluant le financement des PME-PMI, les projets d’infrastructures sociales, le développement du numérique, l’énergie et la transformation agricole.

L’économie togolaise et les soutiens multiples que peuvent apporter le FMI et la Banque Mondiale, ont été abordés lors des rencontres avec Kristalina Georgiéva et David Malpass. Faure Gnassingbé a salué l’engagement du FMI à soutenir l’économie du Togo.  Les performances appréciables de l’économie togolaise ont été relevées, et seront soutenues par les partenaires en développement afin de maintenir la dynamique de croissance inclusive, en dépit de la conjoncture actuelle.

Avec le Président du Groupe Banque Mondiale, les priorités de développement du Togo, et également les défis de la situation sécuritaire en Afrique de l’ouest, étaient au centre des intérêts des deux hommes. ” Je remercie le Président Malpass d’avoir réitéré le soutien du Groupe à notre pays, notamment à travers de nouveaux engagements destinés à renforcer l’inclusion sociale et la résilience de nos populations dans un contexte économique mondial particulier “, a fait savoir Faure Gnassingbé.

Au siège de la Banque Mondiale, Faure Gnassingbé a exposé ses réflexions sur l’insécurité alimentaire et la situation sécuritaire qui prévaut dans la sous-région ouest-africaine.  En faisant l’état des lieux de la situation sur l’insécurité alimentaire, il a indiqué que les effets délétères du dérèglement climatique, l’étiolement continu de la part des cultures vivrières dans le mix alimentaire africain comme l’instabilité générée par la volatilité des cours des matières premières agricoles, constituent à eux seuls, une réelle source de fragilité dans la sécurisation de l’alimentation d’une part substantielle de la population humaine.

Mais, plusieurs évènements : La pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine sont venues amplifier ces déséquilibres. ” Compte tenu des sécheresses brutales survenues cette année en Inde et en Chine, et du prix élevé des engrais, personne ne peut plus affirmer que la question de l’offre marginale et de son influence sur les prix n’est pas un problème “, affirme Faure Gnassingbé, qui propose que, face à l’urgence, les opérations humanitaires constituent sans doute, le rempart le plus efficient en ce qu’elles permettent un accès instantané des plus vulnérables aux denrées de base. Mais, elles ne suffisent pas. Il faut multiplier les efforts consentis par les pays les plus vulnérables pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire et développer leurs cultures vivrières.

Pour ce faire il faut subventionner les intrants jusqu’à ce que l’économie agricole trouve son équilibre. Pour ce faire, ce coût des subventions doit être reconnu par les institutions de Bretton Woods, voire que sa charge soit partagée, particulièrement en ces périodes de grandes incertitudes économiques.

Sur les questions sécuritaires, Faure Gnassingbé a plaidé qu’on n’empêche pas les pays attaqués, comme le Togo, de financer les dépenses militaires indispensables, au nom de ratios d’endettement au demeurant, assez arbitraires. Revenant sur les réformes structurelles mises, en œuvre par le Togo, le Chef de l’Etat a demandé l’accompagnement du secteur privé international.

Ali SAMBA

 

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