Précurseur de la budgétisation verte dans la sous-région ouest africaine, le Togo est à sa troisième édition d’élaboration du Budget Vert (BV) en 2026. La première édition avait concerné neuf (9) ministères pilotes. La deuxième édition du budget vert a permis d’analyser, sous les angles climat et environnement, les dépenses de vingt-deux (22) ministères et de deux (02) institutions représentant 58,4% du budget de l’Etat 2025.
En ce qui concerne l’exercice 2026, 100% du budget de l’Etat sont soumis à cette analyse. Le budget vert 2026 affiche clairement l’ambition du Togo de consolider les acquis de l’édition 2025 et d’accélérer l’intégration des priorités climatiques et environnementales dans la gestion des finances publiques. Il marque ainsi une étape supérieure pour le pays dans sa transition vers une gestion budgétaire plus durable et résiliente.
La budgétisation verte, initiée par le Togo, a déjà produit des résultats encourageants, notamment à travers l’exécution de sa phase pilote. Ces progrès ont significativement contribué au renforcement de l’analyse budgétaire verte et à la conception de la deuxième édition du Document Budgétaire Vert (DBV). Initialement circonscrit à 9 ministères, le champ de couverture du budget vert s’est élargi pour inclure 24 ministères et institutions de la République dans sa deuxième édition. Ce rythme progressif confirme l’ambition de l’État d’atteindre une couverture intégrale de l’ensemble de l’administration centrale dès la troisième édition en 2026.
L’amélioration constante du processus est également notable : la revue qualité effectuée sur le document de budget vert, exercice 2025, a permis d’affiner les règles méthodologiques de marquage des dépenses. Les rapports d’exécution trimestriels, les rapports annuels de performances, les comptes administratifs et la loi de règlement fournissent désormais des informations détaillées sur le niveau d’engagement, d’ordonnancement et d’exécution des dépenses budgétaires vertes. La publication de ces informations contribue ainsi à accroître la transparence budgétaire en matière de budgétisation verte.
Au ministère des finances et du budget, on affirme que l’intégration des préoccupations climatiques et environnementales dans la planification opérationnelle permet de renforcer la résilience aux changements climatiques des biens et des personnes et garantir la durabilité environnementale dans la mise en œuvre des programmes et projets de développement.
A cet effet, le Togo s’est doté des instruments et outils devant lui permettre de poser les bases de son développement durable. Il s’agit entre autres du guide d’intégration de l’adaptation aux changements climatiques (GIACC) ; du guide d’intégration de l’économie bleue (GIEB) ; des évaluations environnementales et sociales stratégiques (EESS) et des études d’impacts environnemental et social (EIES) des programmes et projets. En lien avec le budget vert, le GIACC et le GIEB permettent de prendre en compte spécifiquement les segments adaptation, atténuation et eau dans les programmes et projets. Les EESS et EIES, en plus desdits segments, prennent en compte les segments biodiversité, pollution et déchet.
Il est à rappeler que le cadre institutionnel de la budgétisation verte s’articule autour d’une triade ministérielle qui assure la gouvernance et le pilotage du processus.
Le ministère des finances et du budget (MFB) pilote le processus de budgétisation verte, coordonne des actions de renforcement des capacités, d’appui aux ministères et institutions et assure l’intégration des priorités climatiques dans les documents budgétaires, à travers la Direction Générale du Budget et des Finances (DGBF) qui est responsable de la mise en œuvre technique du budget vert, en collaboration avec les ministères sectoriels. La DGBF est également responsable du contrôle qualité du marquage des dépenses, de la centralisation des informations, de la consolidation des documents budgétaires sensibles au climat et à l’environnement.
Le ministère de l’environnement, des ressources forestières, de la protection côtière et du changement climatique (MERFPCCC), à travers ses structures (notamment la Direction de l’environnement, la Direction des ressources forestières et la Direction de la planification, des statistiques et du suivi-évaluation), a pour rôle principal de fournir un appui technique crucial. Cet appui se traduit notamment par la clarification des concepts clés liés au climat et à l’environnement. Aussi, le MERFPCCC apporte son expertise pour faciliter le marquage des dépenses vertes par les acteurs des ministères sectoriels tout au long du cycle budgétaire.
Le ministère de la planification du développement (MPD) est l’organe chargé de la planification nationale et de la coordination du développement. Pour la Budgétisation verte, son rôle est d’intégrer les enjeux climatiques et environnementaux dans la planification stratégique, la programmation des investissements publics, et le suivi-évaluation, en utilisant notamment l’outil de l’évaluation environnementale.
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