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26 février 2024

AUDIT FICHIER ELECTORAL : La mise au point de l’OIF

Le 15 Novembre dernier, l’OIF remettait à la CENI, le rapport d’audit du fichier électoral issu du recensement électoral (du 29 avril au 14 juin 2023). Désiré Nyaruhirira, Ambassadeur et conseiller spécial, politique et diplomatique de la Secrétaire générale de la Francophonie avait déclaré que les experts de l’OIF qui ont travaillé sur le document du 20 au 27 octobre 2023, ont estimé que le fichier électoral togolais est conforme aux normes et standards internationaux. « Après les vérifications et analyses menées, les experts ont délivré des conclusions rassurantes sur la qualité du fichier électoral togolais. Ceci, en termes de fiabilité de l’opération de recensement des électeurs, de son caractère biométrique et de sa représentativité géographique et sociologique dans les 39 préfectures et 5 régions du pays. En somme, je peux dire, au nom des experts, que le fichier électoral togolais est suffisamment fiable pour permettre la tenue des prochaines élections régionales et législatives dans des conditions de confiance ».

Cette déclaration du représentant de l’OIF a soulevé un tollé général de la plupart des partis de l’opposition. Jean Pierre Fabre, le Président national de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), parti de l’opposition extra parlementaire, a fustigé l’attitude l’OIF qui n’a pas rencontré les parties prenantes aux élections à venir, toute chose qu’elle a affirmé. « L’OIF n’ignore pas que, à un moment donné, le recensement électoral a été arrêté et que la plupart des acteurs politiques, en tout cas de l’opposition et même de la société civile, ont condamné cela et ont demandé la poursuite du recensement. Pour nous, on a l’impression que l’OIF a été invité pour valider quelque chose dont le pouvoir sait qu’il est largement insuffisant ». D’autres regroupement, comme la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), sont sur la même voie.  

Face à la levée de bouclier, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) fait une mise au point. Selon l’institution, elle vise à clarifier le travail fait dans le cadre de l’audit du fichier électoral togolais qu’elle a réalisé en octobre dernier. Dans cette mise au point, L’OIF a tenu à rappeler que le mandat de sa mission d’expertise au Togo était circonscrit exclusivement à l’audit du fichier électoral et non à l’audit de l’ensemble des problématiques liées au processus électoral de manière générale. « Un audit de fichier électoral n’étant qu’une étape parmi tant d’autres de ce processus, l’OIF ne saurait être tenue pour responsable de défaillances relevées lors de la période d’inscription des électeurs », fait savoir l’’OIF qui invite à ne pas confondre son rôle dans ce contexte avec celui d’autres acteurs intervenant dans le processus électoral togolais.

Au demeurant, l’OIF tient à souligner, avec insistance, que sa mission d’audit au Togo a été menée de manière transparente, impartiale et objective et selon des procédés techniques et scientifiques éprouvés, y compris auparavant dans de nombreux autres pays de l’espace francophone engagés dans des processus électoraux. Depuis plusieurs décennies, l’OIF a développé une expertise en matière électorale qui fait autorité auprès de nombreux partenaires. Les conclusions et recommandations de missions d’audit qu’elle a menées dans de nombreux pays membres, et mises en œuvre par ces derniers, ont significativement contribué à consolider les fichiers électoraux et à renforcer la confiance dans les processus électoraux de ces pays.

Rappelant les conditions dans lesquelles elle est intervenue pour auditer le fichier électoral togolais, l’OIF a indiqué que le rapport, accessible auprès de la CENI aux membres du Comité d’audit et à tout acteur politique national intéressé, comporte des analyses objectives et impartiales sur les différentes opérations portant sur le fichier électoral, depuis le recensement électoral. « Il est assorti de recommandations visant à renforcer davantage le fichier », indique l’OIF. Au nom du principe du contradictoire, ce rapport ainsi mis à la disposition de la CENI peut faire l’objet de commentaires et/ou d’observations éventuels de la part des partenaires togolais. Les acteurs politiques nationaux intéressés peuvent dès lors prendre attache avec la CENI et, si besoin, faire valoir leurs objections et alternatives aux analyses techniques et scientifiques effectuées sur le fichier électoral par les experts de l’OIF.

Koudjoukabalo

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