Selon le bulletin statistique de la dette publique du Togo au 30 septembre 2025 produit par le ministère des finances et du budget, le profil d’amortissement de la dette du Togo montre que le portefeuille est exposé à un risque de refinancement modéré compte tenu de la maturité résiduelle relativement courte des emprunts de la dette intérieure. « Une concentration des échéances de la dette intérieure sur les trois prochaines années pourrait générer des pressions de refinancement », relève-t-on.
Le coût du portefeuille de la dette, analysé à travers le taux d’intérêt implicite, ressortirait à 4,47 % à fin décembre 2025 contre 4,14 % à fin décembre 2024. Cette hausse du taux d’intérêt implicite s’explique par le renchérissement des taux sur le marché des titres et la mobilisation des prêts commerciaux.
La dette intérieure, dominée par les titres publics, coûte en moyenne 6,11 % contre 2,59 % pour la dette extérieure. La réduction du coût de la dette dépendra de la capacité de l’Etat à mobiliser les ressources concessionnelles sur le long terme. La charge d’intérêt représente 2,7 % du PIB. Elle est de 2,24 % du PIB pour la dette intérieure contre 0,82 % du PIB pour la dette extérieure.
La maturité moyenne de l’ensemble du portefeuille ressortirait à 6,72 ans à fin décembre 2025 contre 6,67 ans à fin décembre 2024. Ce léger allongement de la maturité est dû aux décaissements effectués auprès des créanciers multilatéraux, au cours de l’année 2025. Cet indicateur est influencé négativement par la dette intérieure ayant une maturité moyenne de 3,49 ans en 2025 contre 4,02 ans en 2024.
La maturité moyenne de la dette extérieure, quant à elle, ressortirait à 10,41 ans tiré par des prêts de maturité de 50 ans contractés auprès de la Banque Mondiale et par le financement durable de maturité de 20 ans, garanti par le groupe de la BAD/FAD.
La part de la dette qui arrive à échéance au 31 décembre 2026 représenterait 19 % de l’ensemble du portefeuille de la dette, soit 13,04 % du PIB. La part de la dette intérieure qui arriverait à échéance au 31 décembre 2026 est de 25,47 % contre 11,61 % pour la dette extérieure. Le risque de taux d’intérêt Le temps moyen de l’ensemble du portefeuille jusqu’à la révision des taux serait de 6,04 ans. Cet indicateur relativement faible est influencé par la dette intérieure ayant un temps moyen de 3,49 ans.
Le temps moyen de la dette extérieure serait de 8,96 ans contre 10,04 ans en 2024. Cette baisse est consécutive au prêt de la Société Générale garanti par la MIGA et dont la maturité est d’un (01) an avec un encours qui représente 4,7 % de la dette extérieure. L’encours de la dette dont le taux serait révisé au 31 décembre 2026 représenterait 29,27 % contre 18,71 % de la dette totale à fin décembre 2024.
Cette dette qui arrive à échéance sur la période doit toutefois être refinancée à de nouvelles conditions financières de marché, ce qui exposerait le portefeuille de la dette publique à un risque de taux d’intérêt. C’est le cas notamment de 25,47 % de la dette intérieure à fin décembre 2026. Le niveau de la dette à taux variable dans le portefeuille est significatif. Il passerait de 1,72 % en 2024 à 12,14 % projeté à fin décembre 2025, ce qui augmenterait l’exposition du portefeuille aux fluctuations des taux d’intérêt.
Au vu de la composition de l’encours, la dette publique serait moins exposée au risque de taux de change. En effet, il est composé de 53,45 % de dettes libellées en FCFA et 29,80 % en Euro. A en croire le ministre des finances et du budget, le taux d’endettement est ressorti à 62% du Produit Intérieur Brut (PIB) à fin juin 2025, après 65% du PIB à fin décembre 2024. Ce taux est toujours en dessous de la norme communautaire plafond de 70%.
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