POLITIQUE-CONSTITUTION-ANC: LA MYOPIE SE CONJUGUE

L’Alliance nationale pour le changement (ANC), la formation politique de Jean-Pierre Fabre souffrirait-elle de myopie ? Telle est la question sur toutes les lèvres suite à la déclaration de ce parti hier lundi contestant la légalité du premier gouvernement de la cinquième République.

 Si en politique, tous les coups sont permis, il faut avouer que la mauvaise foi ou la lecture biaisée sont malheureusement devenues le sport favori. Cette attitude loin de contribuer à l’évolution de l’environnement sociopolitique, ralentit au contraire la réflexion, la limite et la ridiculise. Bref, la myopie se conjugue de nos jours avec appétit, laissant place à la mauvaise assimilation de ce qu’est un régime parlementaire et à une démonstration de non maîtrise en profondeur de la Constitution du 6 Mai 2024. On se ridiculise et on s’y plaie.

A travers sa déclaration en date d’hier lundi 1 er décembre 2025, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) étale une fois encore au grand jour, son incompréhension du régime parlementaire instauré par la Constitution de la Ve République togolaise du 6 mai 2024.

En effet, sa récente déclaration illustre cet inconfort politique assimilable à tous points de vue à une sévère myopie politique.. L’ANC  y nourrit principalement deux critiques relatives à l’adoption de la Constitution et à une lacune relative au mode de nomination du Gouvernement.

Pour rappel, la Constitution a été adoptée le 19 avril 2024, à la suite de débats médiatisés et d’une tournée nationale de dialogues et d’informations, par une Assemblée nationale disposant de toute sa légitimité, conformément à la procédure de révision constitutionnelle prévue par la Constitution de 1992. Affirmer publiquement que le texte a été adopté en « catimini » semble ainsi relever de la mauvaise foi.

En ce qui concerne le contenu de la Constitution, le parti politique de Jean-Pierre Fabre croit identifier des incohérences, notamment, une omission relative à l’autorité compétente pour nommer les membres du Gouvernement. Parlerions nous d’une myopie politique, d’une malhonnêteté ou carrément d’une tare ?

Ce qui a sûrement échappé à la compréhension de l’ANC

En effet, le législateur a tout prévu. Pour preuve, le  Chapitre III du Titre II intitulé « De l’organisation des pouvoirs constitués » consacré au Gouvernement, précise le fonctionnement de ce dernier organe. Si l’article 46 dispose en effet que « Le Gouvernement est composé du Président du Conseil, des ministres d’État, des ministres, des ministres délégués et des secrétaires d’État … », l’article 50 précise, de son côté, que le Président du Conseil est le chef du Gouvernement, et qu’en ce sens, préside les Conseils des ministres et détermine et conduit la politique de la Nation.

En français facile, il résulte logiquement et intentionnellement de la combinaison de ces dispositions que, en tant que chef du Gouvernement, c’est le Président du Conseil qui nomme les membres de son équipe.

La Constitution parlementaire de la Ve République justifie ainsi la légitimité du Président du Conseil de nommer librement les membres du Gouvernement. Il s’agit là d’un principe élémentaire du fonctionnement de tout régime parlementaire, que des responsables politiques ne peuvent ignorer.

Jean Pierre Fabre, le président de l’ANC

Le rôle des partis politiques, bien informer la population en toute connaissance de cause

Le rôle d’un parti politique dans tout pays consiste à informer la population. Informer donc la population, requiert une certaine dose de culture juridique et constitutionnelle.

En parcourant la déclaration de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), on pourrait sans gros risque de nous tromper, affirmer que les responsables politiques manquent de culture juridique et constitutionnelle,. Par conséquent, le risque de conduire le peuple ou du moins ses militants  à la déperdition n’est pas à exclure.

En ces périodes cruciales où le Togo est à un tournant décisif de son développement socio-économique, face à une situation de crise régionale, l’ANC devrait plutôt  faire son examen de conscience et se rappeler sa mission d’appeler à l’unité nationale.  Faire son examen de conscience, reviendrait à se rendre à l’évidence que le parti a perdu de sa quintessence et de sa lucidité d’antan. C’est purement de la navigation à vue dans ce parti jadis populaire et respecté.

Le roi a-t-il donc perdu sa couronne ?

Ne serait-il pas judicieux et salvateur que de bonnes volontés s’expriment en évitant un naufrage politique à au parti Orange en organisant à l’intention de ses premiers responsables et militants un cours de Droit constitutionnel pourtant dispensé aux étudiants de première année en Faculté de droit, afin d’acquérir les bases élémentaires du fonctionnement du régime parlementaire ?

Crédo TETTEH

 

 

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